Quelle est la meilleure version des Intermezzi, Op. 117 de Johannes Brahms ?

Jérôme Bastianelli, Bertrand Dermoncourt et Piotr Kaminski élisent la version de référence des Intermezzi, Op. 117 de Johannes Brahms.

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Compte-rendu

La simplicité ? On ne peut pas dire que ce soit la priorité d’Ivo Pogorelich. Que de pièges se pose-t-il dans cette vision très ouvragée des Intermezzi, qui manquent décidément de naturel et d’élan interne… Non ! Voici un Brahms intimiste, aux accents vrais et douloureux, où la mélodie chante et se déploie sans trop en faire. Le piano caressant et satiné de Philippe Cassard est un monde en soi, qui ne caractérise peut-être pas les trois pièces avec la même force de conviction. Envoûtant tout de même.

Grigory Sokolov a beaucoup de choses à nous dire. Certes il sort souvent du cadre et plaque sur ces pages toute une série de drames destinés à happer son auditoire. Mais malgré ces ralentis, ce rubato assumé et quelques poses de tragédien, il nous laisse pantois : on le suivrait où qu’il aille… oubliant même les inconvénients du live.

Au prix de quelques duretés et d’un goût prononcé pour le mezzo-forte, Hélène Grimaud dramatise avec panache son Brahms, lui ajoute du contraste et gonfle l’expression. Cela a des côtés agaçants, et pourtant la pianiste ne cesse de captiver par ce sens très personnel des tensions et du discours.

Retenue, pudeur, éloquence : le Brahms que dessine Geoffroy Couteau est serein, lyrique, toujours sobre, aux antipodes de celui de Grimaud, d’une décantation admirable. Dans sa nudité, l’Intermezzo n°2 bouleverse, comme des murmures au creux de l’oreille. Déjà un classique ?

Des Trois Intermezzi, Radu Lupu traduit la moindre facette, sculptant chaque phrasé dans l’étoffe de son instrument. Somptueux, ce piano est celui d’un solitaire, d’un poète qui intériorise comme nul autre la voix tour à tour désolée et consolatrice de Brahms, ce jusqu’à l’insoutenable. Une leçon de maitre… à écouter encore et encore.

Palmarès

N°1
Version E

Radu Lupu (Decca, 1970)

Version E
Version E

N°2
Version F

Geoffroy Couteau (La Dolce Volta, 2015)

Version F
Version F

N°3
Version B

Hélène Grimaud (Erato, 1995)

Version B
Version B

N°4
Version C

Grigory Sokolov (Melodiya, 1987)

Version C
Version C

N°5
Version D

Philippe Cassard (Accord, 2009)

Version D
Version D

N°6
Version A

Ivo Pogorelich (DG, 1991)

Version A
Version A

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