Quelle est la meilleure version des Impromptus D. 899 de Schubert ?

Bertrand Dermoncourt (Classica), Elsa Fottorino (Pianiste) et Emmanuelle Giuliani (La Croix) élisent la version de référence des Impromptus de Schubert.

Quelle est la meilleure version des Impromptus D. 899 de Schubert ?
Franz Schubert

Compte-rendu de La Tribune des critiques de disques du 19 avril 2015

D’où vient que la rêverie esquissée par Mitsuko Uchida maintienne de telles distances ? Peut-être que le discours, très construit, et le jeu précieux sur les sonorités isolent trop les sections aux dépens du mouvement général ; la faute aussi à quelques alanguissements excessifs.

Krystian Zimerman se lance dans un face-à-face quasi beethovenien avec son instrument, qu’il prend à bras le corps. Cela vaut de grands moments de véhémence, mais le son, à la fois perlé et tendu, se perd dans le démonstratif.

Avec Michel Dalberto, on plonge à nouveau dans le détail, dans la peinture des infimes fluctuations du pouls schubertien. Le Premier Impromptu, ainsi mis à nu, acquiert une instabilité dérangeante ; le second, hélas, succombera à une virtuosité trop exubérante.

C’est un équilibre heureux, un espace idéal entre aventure purement musicale et narration feutrée qu’offre Maria Joao Pires. Plaisir du jeu et délicatesse digitale séduisent, emportent, même si les contrastes manquent ça et là, laissant le discours faire du sur place. Pourtant il en faut de peu pour que cette version, plébiscitée par le public, se hisse à la seconde place !

Chez Alfred Brendel triomphent le chant et la sérénité : son Schubert est l’évidence même, et son interprétation, fluide et constamment juste, laisse éclater une poésie lumineuse. Une lecture canonique en quelque sorte, et une référence qui dure et dure encore…

Très complémentaire, la vision de Philippe Cassard est d’un engagement farouche : chaque Impromptu prend à la gorge et sonde des gouffres ; les paysages traversés sont noirs, oppressants parfois, le sentiment éperdu donnant une force dramatique irrépressible à ce Schubert. Un piano coloré, plein de sous-entendus, qui en font une version idéale… à quasi égalité avec celle du grand Brendel.

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Palmarès

N°1
Version B
Philippe Cassard (Accord, 2007) N°2
Version E
Alfred Brendel (Philips, 1988)

N°3
Version F
Maria Joao Pires (DG, 1996)

N°4
Version D
Michel Dalberto (Denon, 1991)

N°5
Version C
Krystian Zimerman (DG, 1990)

N°6
Version A
Mitsuko Uchida (Philips, 1996)

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