Quelle est la meilleure version des Fêtes Romaines d'Ottorino Respighi ?

Jérémie Cahen, Stéphane Friédérich et Emmanuelle Giuliani élisent la version de référence des Fêtes Romaines de Respighi.

Quelle est la meilleure version des Fêtes Romaines d'Ottorino Respighi ?
Fête Romaine...

(ré)écouter l'émission : La Tribune des critiques de disques du 29 janvier 2017

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Compte-rendu :

Une lecture morcelée, des effets grossis à la loupe, un geste qui manque d’unité et de cohérence : Antonio Pappano passe à côté des Fêtes Romaines, à la tête d’un orchestre qui de surcroît n’est pas le plus séduisant du monde.

Toujours cette même impression de fragmentation. Les timbres un peu rugueux de la Philharmonie tchèque pourraient ajouter du piment à ces tableaux, mais ils ne font que saturer l’espace sonore par leur stridence, desservis par une prise de son qui accuse son âge. Disciple de Respighi, Antonio Pedrotti privilégie l’instant et survole cette merveille sans voir très loin.

Hédoniste, le Philharmonia Orchestra semble capté en 3D, tandis que Yan Pascal Tortelier charrie une succession de flots sonores au détriment d’une vision solide. Les Jeux du Cirque s’ouvrent sur des buccins sortis d’un péplum, mais le Jubilé s’effondre dans cette masse orchestrale floue et dénervée.

Est-ce la peine de déployer phalange aussi rutilante si le spectacle tourne à vide ? Riccardo Muti cisèle admirablement les timbres de l’Orchestre de Philadelphie mais peine à raconter quelque chose : où sont le drame, la menace, l’âpreté, la jubilation ? Impressionnant certes, mais trop complaisant pour être vrai.

Lorin Maazel donne dans le panache, l’héroïsme, la dramatisation à outrance (et en technicolor) avec des moyens et une noblesse qui laissent pantois : les Jeux du cirque, un brin sadiques, s’hystérisent à mesure que la peur étreint les martyrs, le Jubilé n’offre nulle rédemption et l’Epiphanie, gorgée de couleurs fauves, est pure ivresse ; l’Orchestre de Cleveland en majesté brille de tous ses feux devant les micros Decca.

Dès les premiers accords des Jeux du Cirque, les cuivres crient panique et les cordes s’affolent. La procession du Jubilé, à nouveau très visuelle, s’enchaine à une Fête d’octobre grisante, couronnée d’un mouvement final qui nous convie chez Fellini : Seiji Ozawa ressuscite une Rome fiévreuse, exubérante, suivi au millimètre par l’Orchestre de Boston. Quelle mise en scène !

Palmarès

N°1
Version B

Orchestre symphonique de Boston, dir. Seiji Ozawa (DG, 1977)

CD BSO/Ozawa
CD BSO/Ozawa, © DG

N°2
Version D

Orchestre de Cleveland, dir. Lorin Maazel (Decca, 1976)

CD Cleveland Orchestra/Maazel
CD Cleveland Orchestra/Maazel, © Decca

N°3
Version A

Orchestre de Philadelphie, dir. Riccardo Muti (EMI, 1984)

CD Philadelphia Orchestra/Muti
CD Philadelphia Orchestra/Muti, © Corbis / EMI

N°4
Version F

Philharmonia Orchestra, dir. Yan Pascal Tortelier (Chandos, 1991)

CD Philharmonia Orchestra/Tortelier
CD Philharmonia Orchestra/Tortelier, © Chandos

N°5
Version E

Orchestre Philharmonique Tchèque, dir. Antonio Pedrotti (Supraphon, 1962)

CD Czech Philharmonic/Pedrotti
CD Czech Philharmonic/Pedrotti, © Supraphon

N°6
Version C

Orchestre de l’Académie Nationale de Sainte-Cécile, dir. Antonio Pappano (Warner, 2006)

CD Ochestre de l'Académie nationale de Sainte-Cécile/Pappano
CD Ochestre de l'Académie nationale de Sainte-Cécile/Pappano, © Warner

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