Quelle est la meilleure version des Danses Symphoniques de West Side Story de Bernstein ?

Bertrand Dermoncourt, Séverine Garnier et Jean-Charles Hoffelé élisent la version de référence des Danses Symphoniques de West Side Story de Leonard Bersntein.

Quelle est la meilleure version des Danses Symphoniques de West Side Story de Bernstein ?
West Side Story sur scène, © Getty / Joerg Koch

(ré)écouter l'émission : La tribune des critiques de disques du 01 janvier 2017

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Compte-rendu :

Le goût du big band sans vraiment l’assumer. Seiji Ozawa et le San Francisco Symphony sont aux carrefours des styles sans en choisir aucun : ça finit par manquer de caractère et ce sera fatal à un Somewhere bien sirupeux.

On rôde du côté de chez Kurt Weill, mi jazz mi cabaret, mais sans ligne forte. Ulf Schirmer et les Bavarois peinent à swinguer, et ces Danses s’avèrent vite lourdes. Rien d’indispensable.

James Judd trouve le lyrisme propre à Bernstein, et son orchestre a beaucoup d’aisance : le Prologue affiche du tonus, et Somewhere mène au rêve sans lourdeur. Alors pourquoi ce Mambo métrique, calculé, sans frénésie ?

Voici le compositeur en personne : boostée par la prise de son, la lecture de Bernstein verse dans un mélange de noirceur et de nonchalance. C’est théâtral et dramatique, doublé d’une grande leçon d’orchestre. Un peu lourd ça et là, certes, mais comme tout cela vit !

Quelle élégance, que de soyeux et de sonorités enjôleuses ! La version d’Edo de Waart est portée par un orchestre d’une rare plénitude (Minnesota), qui restitue et fouette chaque détail. Après un Prélude sur les chapeaux de roue, Somewhere ose la pudeur et la retenue, tandis que Scherzo et Mambo, à défaut de folie, copinent avec Stravinsky. Une version stylisée et diablement séduisante.

Ca décolle sur un sacré tempo ! MTT swingue, nous entraine à Broadway dès le Prélude et nous invite à Hollywood dans un Somewhere sorti d’Autant en emporte le vent. Le Mambo tape dans le mille : folie, énergie, percussions déchainées – on entre de plain-pied dans cette version haletante qui capte comme nulle autre l’esprit de Bernstein. Waouh !

Palmarès :

N°1
Version F

London Symphony Orchestra, dir. Michael Tilson Thomas (DG, 1993)

N°2
Version E

Orchestre Symphonique du Minnesota, dir. Edo de Waart (Erato, 1990)

N°3
Version D

New York Philharmonic, dir. Leonard Bernstein (Sony, 1963)

N°4
Version C

Orchestre Philharmonique de Floride, dir. James Judd (Naxos, 2001)

N°5
Version B

Orchestre de la Radio de Munich, dir. Ulf Schirmer (BR Klassik, 2008)

N°6
Version A

San Francisco Symphony, dir. Seiji Ozawa (DG, 1973)

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