Quelle est la meilleure version des Danses symphoniques de Sergueï Rachmaninov ?

Séverine Garnier, Jean-Charles Hoffelé et Clément Serrano élisent la version de référence des Danses symphoniques de Rachmaninov.

Quelle est la meilleure version des Danses symphoniques de Sergueï Rachmaninov ?
., © Getty / Lonely Planet

(ré)écouter l'émission : La Tribune des critiques de disques du 18 juin 2017

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compte-rendu

Pesantes, rigides, sans une étincelle d’exaltation, les Danses symphoniques d’Eugene Ormandy avancent avec des semelles de plomb. Difficile de croire que c’est là le même Orchestre de Philadelphie qui créa la partition et pour qui Serge Rachmaninov l’imagina.

Edo de Waart opte pour une vision séquentielle des Danses, d’où la narration et la profondeur sont comme envolées, l’Orchestre philharmonique de la radio néerlandaise ne sachant quelle direction prendre. Bien fade en somme.

Dans le Non allegro du premier mouvement, Vasily Petrenko privilégie la dimension héroïque de la partition et valorise les dialogues entre pupitres. Mais cette version trop symphonique n’emmène pas loin, et à nouveau l’imagination fait défaut, privant le testament de tous ses arrière-plans.

Fluide, élégant, vif et sensuel, mais teinté d’ombres et de menaces, le Rachmaninov de Mariss Jansons respire des éthers dangereux, distillant une ambigüité tenace. La valse du second mouvement, avec un soupçon de rubato, avance sur la pointe des pieds et verse une irrésistible saveur mortifère.

Bien sûr tout n’est pas parfait dans la lecture de Kirill Kondrachine, mais, habitée, poisseuse, suffocante, elle varie constamment les émotions et les éclairages, brûle qui s’en approcherait, ouvre des gouffres, convie à un bal de spectres ou joue aux Cavaliers de l’Apocalypse, avant de se montrer rieuse et confiante, mais toujours tendue et sur le fil. En dépit de quelques approximations et une prise de son qui accuse son âge, on frise le génie.

Macabre, grinçant, décadent, brillant aussi, multiple et éminemment théâtral, le Rachmaninov de Vladimir Askhenazy séduit comme un diable, vous happe pour ne plus vous lâcher : ces Danses symphoniques regorgent d’éclat, d’urgence et de caractère, que le Concertgebouw d’Amsterdam pare d’une robe luxueuse.

palmarès

N°1
Version D

Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam, dir. Vladimir Ashkenazy (Decca, 1983)

Danses symphoniques de Rachmaninov par Ashkenazy
Danses symphoniques de Rachmaninov par Ashkenazy, © CD Decca

N°2
Version F

Orchestre philharmonique de Moscou, dir. Kirill Kondrashin (Melodiya, 1963)

Danses symphoniques de Rachmaninov par Kondrashin
Danses symphoniques de Rachmaninov par Kondrashin, © CD Melodiya

N°3
Version C

Orchestre philharmonique de Saint-Pétersbourg, dir. Mariss Jansons (EMI, 1992)

Danses symphoniques de Rachmaninov par Jansons
Danses symphoniques de Rachmaninov par Jansons, © CD EMI

N°4
Version B

Orchestre philharmonique royal de Liverpool, dir. Vasily Petrenko (Avie, 2008)

Danses symphoniques de Rachmaninov par Petrenko
Danses symphoniques de Rachmaninov par Petrenko, © CD Avie

N°5
Version E

Orchestre philharmonique de la radio néerlandaise, dir. Edo de Waart (Exton, 2003)

Danses symphoniques de Rachmaninov par de Waart
Danses symphoniques de Rachmaninov par de Waart, © CD Exton

N°6
Version A

Orchestre de Philadelphie, dir. Eugene Ormandy (Sony, 1960)

Danses symphoniques de Rachmaninov par Ormandy
Danses symphoniques de Rachmaninov par Ormandy, © CD Sony