Quelle est la meilleure version des Bachianas brasileiras n°5 d'Heitor Villa-Lobos ?

Jérémie Bigorie, Chantal Cazaux et Jean-Charles Hoffelé élisent la version de référence des Bachianas brasileiras n°5 d'Heitor Villa-Lobos.

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Compte-rendu

A force d’être trop beau, on en deviendrait ennuyeux. La somptueuse ligne déployée par Ana Maria Martinez exhale tristesse et langueur, mais l’ensemble est figé dans le marbre. Vraiment dommage. Quel contraste entre la fraicheur de Netania Davrath et l’accompagnement étale des violoncelles new-yorkais ! Bernstein force le trait, et avec ce tempo si lent, défavorise sa chanteuse, dont le timbre, charmant et délicieusement daté, s’avère vite étroit pour la déclamation des poèmes.

La vocalise d’Anna Moffo nous plonge dans une touffeur nocturne obsédante. Mais la voix, riche et chargée, est aussi un peu univoque, et une partie des mots passe à la trappe, mal relayés par une prise de son caverneuse : voici un Nordeste aux standards hollywoodiens.

Renée Fleming et Michael Tilson Thomas débutent idéalement, sur un tempo enlevé, avec, chez la soprano, ce mélange de volupté et d’impression d’improvisation, parcouru d’une irrépressible nostalgie. Mais la crème du timbre brouille trop les consonnes, et les poèmes, mâchonnés, perdent de leur saveur. Quelle séduction vocale tout de même ! Le public plébiscite cette version à une large majorité.

Délicieuse Sandrine Piau ! Si la vocalise initiale divise, très vite ce chant frémissant conquiert les tribuns. Des images de crépuscule jaillissent de ces mots libres, énergiques, lancés dans un portugais haut en couleurs qui ravive les racines populaires de la Bachianas. Anne Gastinel et ses compères du National font un écrin tendre, vivant à ce verbe radieux et incarné.

Soixante ans avant Sandrine Piau, Victoria de Los Angeles livre, sous la baguette de Villa-Lobos en personne, une leçon de naturel et de musicalité. Les cordes, certes imparfaites et un brin désordonnées, font défiler le paysage de nos rêves, dialoguant amoureusement avec la voix soliste, à la fois soleil et drame, murmure et épanchement, théâtrale, fragile, féminine… bref, tout simplement évidente.

Palmarès

N°1
Version B

Victoria de Los Angeles, Orchestre National de la Radiodiffusion française, dir. Heitor Villa-Lobos (EMI, 1956)

Version B 6 VISUEL 64
Version B 6 VISUEL 64

N°2
Version D

Sandrine Piau, Anne Gastinel, Violoncelles de l’Orchestre National de France (Naïve, 2014)

VERSION D - visuel 64
VERSION D - visuel 64

N°3
Version F

Renée Fleming, New World Symphony, dir. Michael Tilson Thomas (RCA, 1996)

version F - visuel 64
version F - visuel 64

N°4
Version C

Anna Moffo, American Symphony Orchestra, dir. Leopold Stokowski (RCA, 1964)

version C - visuel 64
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N°5
Version A

Netania Davrath, New York Philharmonic, dir. Leonard Bernstein (Sony, 1963)

version A - visuel 64
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N°6
Version E

Ana Maria Martinez, Prague Philharmonia, dir. Steven Mercurio (Naxos, 2000)

version E - visuel 64
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