Quelle est la meilleure version de Prélude, Choral et Fugue de César Franck ?

Jérôme Bastianelli, Elsa Fottorino et Alain Lompech élisent la version de référence de Prélude, Choral et Fugue de César Franck.

Quelle est la meilleure version de Prélude, Choral et Fugue de César Franck ?
César Franck, © DP

(ré)écouter l'émission La Tribune des critiques de disques du 05 mars 2017

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Seuls ont été pris en compte les enregistrements des 30 dernières années.

Compte-rendu :

On est chez César Franck, pas chez Liszt ou Rachmaninov, et cette façon qu’a Benjamin Grosvenor de surjouer le grand drame romantique conduit vite à l’affectation.

Sur un tempo assez lent, Jorge Bolet déploie un son clair, porté par un toucher cristallin : le caractère improvisé du Prélude est plutôt bien rendu, mais il manque des fondus, des modelés, et sûrement un sens du récit qui éviterait cette impression de stagnation.

Impossible de résister au toucher perlé, soyeux, enveloppant de Murray Perahia, dont la lecture évite pourtant de prendre parti. Après un Prélude qui manque d’assise, le Choral s’élève avec ampleur mais la Fugue reste trop sage, trop mesurée.

Stephen Hough habitera-t-il jusqu’au bout les mystères dont il imprègne Prélude et Choral, avec ses silences éloquents et cette dimension contemplative ? Pas sûr. Entre gestes coloristes et phases incandescentes, ce fin narrateur finit par perdre le fil, ne sachant que choisir.

La façon dont Evgeny Kissin bâtit et saisit à bras le corps le triptyque impressionne : instants de feu et de fougue alternent avec moments de tendresse, dans un jeu organique qui explose dans le Choral, comme sorti d’une Passion. Mais la Fugue affiche un caractère voulu et une virtuosité ostentatoire qui en rebutent certains. Ce sera tout de même la version préférée du public.

Plénitude, intelligence du texte, climats d’une grande pénétration : Bertrand Chamayou trouve l’équilibre idéal, irisant le Prélude puis faisant émerger le Choral d’une brume mystique. Eloquante, la Fugue est rendue avec un grain de folie qui emporte tout sur son passage. Une version de bout en bout cohérente et habitée.

Palmarès :

N°1
Version C

Bertrand Chamayou (Naïve, 2009)

CD Chamayou
CD Chamayou, © Naïve

N°2
Version F

Evgeny Kissin (RCA, 1997)

CD Kissin
CD Kissin, © RCA

N°3
Version E

Stephen Hough (Hyperion, 1996)

CD Hough
CD Hough, © Hyperion

N°4
Version B

Murray Perahia (Sony, 1990)

CD Perahia
CD Perahia, © Sony

N°5
Version A

Jorge Bolet (Decca, 1988)

CD Bolet
CD Bolet, © Decca

N°6
Version D

Benjamin Grosvenor (Decca, 2015)

CD Grosvenor
CD Grosvenor, © Decca