Quelle est la meilleure version de la Valse de l'Empereur de Johann Strauss II ?

Séverine Garnier, Emmanuelle Giuliani et Christian Merlin élisent la version de référence de la Valse de l'Empereur de Johann Strauss fils en direct de Musicora.

Quelle est la meilleure version de la Valse de l'Empereur de Johann Strauss II ?
Johann Strauss_Votez-Gagnez_603x380

►(ré)Ecouter l'émission

Participez

Votez ci-dessous pour votre version préférée
laissez vos commentaires et tentez de gagner le disque France Musique de la semaine.

Compte-rendu

Fritz Reiner est un chef pressé. Et ne manque pas de le faire savoir : sa Valse de l’Empereur file droit, avec un Orchestre de Chicago en ordre de bataille. Mais où sont la palpitation, la surprise, l’abandon, l’humour… l’irrévérence ? Non, décidément non. Nous voici à la cour de Vienne. Boskovsky fait rugir une phalange qui sonne généreusement, avec ce mélange de fierté et de rutilance : c’est une vision très directe, très symphonique, mais qui manquera de finesse, en dépit d’une Philharmonie de Vienne superlative.

Il y a du clinquant dans la lecture d’Herbert von Karajan, énième version d’un chef qui chérissait cette œuvre. Alors d’où vient ce ton trop rectiligne ? Pourquoi l’inspiration, les arrières plans, l’esprit de la valse se font-ils désirer ? Chaque section est parfaitement brossée, mais l’ensemble s’enchaine sans nécessité interne. Scolaire, Karajan ?

Quel chien, quel charme dans la direction de Ferenc Fricsay ! Le léger retard qui précède la mélodie semble calé sur le rythme du cœur, avec un je-ne-sais-quoi de nostalgique dans l’air. Les pupitres campent des personnages qui rient et dialoguent, le tourbillon de la valse nous étreint avec une irrésistible sensualité.

A la tête d’un Philharmonique de Berlin des grands soirs, Nikolaus Harnoncourt donne le pouls de la Valse sans ostentation, comme s’il vivait la musique de Strauss de l’intérieur : celle-ci virevolte, aérienne, narrative, idéalement équilibrée. Les cordes, un peu vertes, entourent des bois qui pépient, et les percussions semblent rêver les rythmes au lieu de les marquer : comme tout cela chante, danse, rebondit !

En plein Concert du Nouvel An, ce 1er janvier 1991, Claudio Abbado est aux anges. Le Philharmonique de Vienne répond à la moindre de ses sollicitations et éclaire mille détails et atmosphères de la partition : cette Valse de l’Empereur lyrique, audacieuse, éloquente, trouve l’alliage secret entre la grâce, la légèreté ; une classe indéfinissable.

Palmarès

N°1
Version E

Orchestre Philharmonique de Vienne, dir. Claudio Abbado (DG, 1991) N°2
Version D

Orchestre Philharmonique de Berlin, dir. Nikolaus Harnoncourt (Teldec, 1998)

N°3
Version B

Radio-Sinfonie Orchester Berlin, dir. Ferenc Fricsay (DG, 1961)

N°4
Version C

Orchestre Philharmonique de Berlin, dir. Herbert von Karajan (DG, 1966)

N°5
Version A

Orchestre Philharmonique de Vienne, dir. Willi Boskovsky (Decca, 1970)

N°6
Version F

Orchestre Symphonique de Chicago, dir. Fritz Reiner (RCA, 1957)

Sur le même thème