Quelle est la meilleure version de la Symphonie n°6 "Pathétique" de Piotr Ilitch Tchaïkovski ?

Séverine Garnier, Alain Lompech et Michel Le Naour élisent la version de référence de la 6e Symphonie de Piotr Ilitch Tchaïkovski.

Quelle est la meilleure version de la Symphonie n°6 "Pathétique" de Piotr Ilitch Tchaïkovski ?
Piotr Ilitch Tchaïkovski

(Ré)écouter l'émission La Tribune des critiques de disques du 19 mars 2017

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Compte rendu

Les articulations sont lourdes, le ton pesant, le style larmoyant, face à un orchestre (Oslo) qui affiche ses limites. Mariss Jansons dirige une Pathétique assez brouillonne, pour ne pas dire poussive.

Le Philharmonique de Berlin est une grosse machine, dont Herbert von Karajan exalte le soyeux et l’opulence. Le premier mouvement n’est pas dénué de grandeur, même si tout détail est noyé dans un légato généralisé. Hélas, la Valse du second mouvement succombe au mauvais goût, sentimentale, d’un pathos trop marqué.

Il y a de l’expressionisme dans la lecture très étirée de Leonard Bernstein, qui oscille entre noirceur abyssale et grandiloquence un peu complaisante. Le sentiment d’éparpillement sera fatal à la Valse, avec ses accents saugrenus, trop séquentielle et privée de ligne directrice.

Bien sûr la prise de son date un peu, mais le London Symphony Orchestra est emporté par la fougue dévastatrice d’Igor Markevitch, qui apporte un tranchant et une clarté bienvenue à la Pathétique. C’est une vision humaine, sanguine, chantée par des cordes amples et des cuivres aux aguets.

Le miracle de l’inspiration. A la Salle Pleyel, ce soir de janvier 2010, Valery Gergiev et l’Orchestre du Mariinsky sont en état de grâce, sondant les gouffres de la symphonie avec un engagement fiévreux et un lyrisme irradiant. La phalange, somptueuse, obéit au doigt et à l’œil au chef, engagé dans un périple à la vie à la mort – sans trop en faire pourtant. Le Finale dégage une douleur poignante.

Evgeny Mravinsky et le Philharmonique de Leningrad livrent une lecture acérée, sans concession, en permanence sur la brèche. Nul pathos, nul sentimentalisme, mais une noirceur et un sens de la tragédie dessiné à la pointe sèche, par des cordes chauffées à blanc, des cuivres mugissants… et un souverain à la baguette. C’est le feu sous la glace : voici toujours, près de soixante ans après son enregistrement, la Pathétique de référence.

Palmarès

N°1
Version E
(diffusée en « D » durant l’émission)
Orchestre Philharmonique de Leningrad, dir. Evgeny Mravinsky (DG, 1960)

La Pathétique par Evgeny Mvravinsky
La Pathétique par Evgeny Mvravinsky, © CD DG

N°2
Version C
(diffusée en « F » durant l’émission)
Orchestre du Mariinsky, dir. Valery Gergiev (Mariinsky, 2010)

La Pathétique par Valery Gergiev
La Pathétique par Valery Gergiev, © CD Mariinsky

N°3
Version A

London Symphony Orchestra, dir. Igor Markevitch (Philips, 1962)

La Pathétique par Igor Markevitch
La Pathétique par Igor Markevitch, © CD Philips

N°4
Version D
(diffusée en « C » durant l’émission)
New York Philharmonic, dir. Leonard Bernstein (DG, 1986)

La Pathétique par Leonard Bernstein
La Pathétique par Leonard Bernstein, © CD DG

N°5
Version B

Orchestre Philharmonique de Berlin, dir. Herbert von Karajan (DG, 1976)

La Pathétique par Herbert von Karajan
La Pathétique par Herbert von Karajan, © CD DG

N°6
Version F
(diffusée en « E » durant l’émission)
Orchestre Philharmonique d’Oslo, dir. Mariss Jansons (Chandos, 1986)

La Pathétique par Mariss Jansons
La Pathétique par Mariss Jansons, © CD Chandos