Quelle est la meilleure version de la Symphonie n°3 d'Henryk Gorecki ?

Sophie Bourdais, Bertrand Dermoncourt et Jean-Charles Hoffelé élisent la version de référence de la 3e Symphonie de nuit d'Henryk Gorecki.

Quelle est la meilleure version de la Symphonie n°3 d'Henryk Gorecki ?
Henryk Mikolaj Gorecki © Lech Kowalski & Wlodzimierz Pniewski - DP

(Ré)écoutez l'émission : La tribune des critiques des disques du dimanche 30 octobre 2016

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Compte-rendu

Surprise ? Les versions historiques ne vieillissent pas nécessairement bien. Ernest Bour, créateur en 1977 de la Troisième Symphonie de Górecki peine à tisser une ligne claire, et son orchestre, confus, est pénalisé par une prise de son qui nous plonge dans un brouillard étrange. Une vision froide, détachée, trop objective : Alain Altinoglu ose une lecture stravinskienne de cette œuvre hypnotique. Hélas, la berceuse du II, hésitante, est desservie par une soprano à la peine. Et puis, minimaliste ne signifie pas désincarné !

Avec ses subtils effets de timbres et de résonnances, Kazimierz Kord nous plonge dans un univers mahlérien, tandis que Joanna Kozłowska chante une berceuse comme tirée du néant, pour gagner peu à peu la lumière ce timbre pur de toute jeune fille fascine, au risque de verser dans l’artifice.

Attendait-on Yvonne Kenny dans ce répertoire ? La surprise est de taille. Le premier mouvement emporte l’adhésion par sa clarté et sa prise de son limpide. Le Lento du II, entonné par une vraie voix lyrique, possède des accents maternels bouleversants : serait-ce un Stabat Mater ? En revanche, le dernier mouvement instaure trop de distance avec l’auditeur. A connaître tout de même.

Les prodigieuses nuances de gris sont travaillées au millimètre par Antoni Wit à la tête de l’Orchestre National de la Radio Polonaise. Les nappes sonores étreignent la voix de Zofia Kilanowicz, qui dit la douleur et la prière avec naturel et immédiateté : c’est toute l’histoire de la Pologne qui passe dans cette version suprêmement musicale. Quelle émotion !

Ce sont eux, Dawn Upshaw et David Zinman, qui ont conféré au chef-d’œuvre de Górecki sa notoriété mondiale. Zinman procède par grandes phrases et créé un sentiment océanique où les nappes de cordes, à la fois statiques et mouvantes, pénètrent au cœur du mystère. Et dès que la soprano prend la parole, radieuse, spirituelle, on est bouleversé. Une réussite indéniable… très complémentaire de la version précédente.

Palmarès

N°1
Version D

Dawn Upshaw, London Sinfonietta, dir. David Zinman (Nonesuch, 1992)

Version D
Version D

N°2
Version A

Zofia Kilanowicz, Orchestre National de la Radio Polonaise, dir. Antoni Wit (Naxos, 1993)

Version A 500
Version A 500

N°3
Version F

Yvonne Kenny, Adelaide Symphony Orchestra, dir. Takuo Yuasa (ABC, 1995)

Version F-500
Version F-500

N°4
Version C

Joanna Kozłowska, Orchestre Philharmonique de Varsovie, dir. Kazimierz Kord (Philips, 1991)

Version C-500
Version C-500

N°5
Version E

Ingrid Perruche, Sinfonia Varsovia, dir. Alain Altinoglu (Naïve, 2004)

Version E-500
Version E-500

N°6
Version B

Stefania Woytowicz, Symphonieorchester des Südwestfunks-Baden-Baden, dir. Ernest Bour (Erato, 1977)

Version B-500
Version B-500

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