Quelle est la meilleure version de la Symphonie "Héroïque" de Ludwig van Beethoven ?

Emmanuelle Giuliani, Christian Merlin et Philippe Venturini élisent la version de référence de la Symphonie n°3 en mi bémol Maj. op.55, dite "Héroïque" de Ludwig van Beethoven.

Quelle est la meilleure version de la Symphonie "Héroïque" de Ludwig van Beethoven ?
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Seuls ont été pris en compte les enregistrements des dix dernières années.

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Compte-rendu

Semelles de plomb, enjeux inexistants, tempo impossible : n’y aura t-il rien à sauver de la lecture de Mariss Jansons et de la Radio Bavaroise ? On dirait que non : sortie immédiate ! Qui a dit « Beethoven embourgeoisé » ? Ennui, quand tu nous tiens ! Passé le coup de canon initial, Osmo Vänskä et l’Orchestre du Minnesota s’effondrent du haut de leur massif beethovenien. Les bois trop lisses, le geste maladroit, les articulations insuffisantes participent d’une Héroïque molle et invertébrée. Bigre… !

Après un premier mouvement solaire, rempli de cette énergie furibarde qui fonde les Beethoven conquérants, Riccardo Chailly nous fait redescendre d’un cran dans une Marche Funèbre neutre et superficielle. Anti-sentimental et anti-pathétique si on veut, mais guère captivant au bout du compte ! Et tant pis pour l’admirable Gewandhaus.

Giovanni Antonini nous livre un Beethoven de l’instant, d’une urgence rude et rauque. Hélas, le tissu orchestral, morcelé, ne parvient pas à dissimuler ses insuffisances au delà de ce discours dégraissé, on aimerait plus de chair. Amère, la Marche Funèbre dégage une vraie dimension tragique quand le Final claque avec trop de sévérité.

La version de Simon Rattle divise : les uns louent la vivacité et la profondeur des deux premiers mouvements, grâce à un Philharmonique de Berlin virtuose, au romantisme assumé, le camp d’en face trouve ça pataud, approximatif, sans arête ni climat. Sage, le dernier mouvement manque de relief : une technique du chef pour ne pas donner tout tout de suite ? Ou une panne d’inspiration ?

Jos van Immerseel et ses musiciens d’Anima Eterna triomphent. Sur instruments d’époque, leur Beethoven a de la grandeur dans sa clarté, de l’épique dans sa décantation, une folie ravageuse dans sa motricité. Les attaques fusent, les lignes chantent : cette Héroïque combine idéalement drame et exaltation. C’est la version marquante des dix dernières années.

Palmarès

N°1
Version A
Anima Eterna, dir. Jos van Immerseel (Zig-Zag Territoires, 2008)

Beethoven-A
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N°2
Version B
Orchestre Philharmonique de Berlin, dir. Simon Rattle (BP, 2015)

Beethoven-B
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N°3
Version E
Orchestre de chambre de Bâle, dir. Giovanni Antonini (Sony, 2006)

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N°4
Version C
Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, dir. Riccardo Chailly (Decca, 2011)

Beethoven-C
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N°5
Version F
Orchestre du Minnesota, dir. Osmo Vänskä (Bis, 2005)

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N°6
Version D
Orchestre symphonique de la Radio bavaroise, dir. Mariss Jansons (BR Klassik, 2012)

Beethoven-D
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