Quelle est la meilleure version de la Symphonie fantastique de Berlioz ?

Jérémie Cahen, Emmanuelle Giuliani et Christian Merlin élisent le version de référence de la Symphonie fantastique de Berlioz.

Quelle est la meilleure version de la Symphonie fantastique de Berlioz ?
© Hector Berlioz par Pierre Petit

(ré)écouter l'émission : La Tribune des critiques de disques du dimanche 17 septembre 2017

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Compte rendu :

Pas de parfum, ni de drame ni de couleurs : berliozien réputé, Colin Davis livre une Fantastique bien fade. Tant pis pour l’Orchestre du Concertgebouw.

A Paris, dans la salle du Conservatoire, John Eliot Gardiner et ses troupes essaient de retrouver les couleurs originelles de la Symphonie Fantastique. Des détails d’écriture jaillissent, savamment mis en lumière, mais au risque de voir basculer l’ensemble dans l’artificiel et le chichiteux, désamorçant les ressorts et l’élan général du drame.

Quelle somptueuse machine orchestrale que Cleveland ! Ces basses, ces bois, ces cordes ! Mais à quoi bon tout cela si on ne sent pas poindre d’enjeu, de passion, de tourbillon, d’angoisse ? Aseptisée, la Fantastique de Boulez frise l’absolu contre-sens.

Du caractère, de l’engagement : voilà ce qui manque le moins à Leonard Bernstein, qui semble mettre sa vie en jeu dans son Berlioz, faisant planer dès les premières mesures un sentiment de crainte et de tragique qui ira croissant. Le New York Philharmonic suit son homme avec l’énergie du désespoir et un jusqu’au-boutisme qui, pour certains, dépasse les bornes. La version de l’excès et de la démesure… impressionnante tout de même.

Ca commence mal pour Charles Munch, jugé d’emblée timide dans les Rêveries, en dépit d’une phalange (Boston) de toute beauté. Un Bal tarde à s’animer, la Marche au supplice terrifie moyennement, mais le Songe d’une nuit de Sabbat révèle toute l’amplitude de cette lecture hyper contrôlée, dont le moindre effet est dosé : une effarante course à l’abime.

Paul Paray est un metteur en scène, un cinéaste qui empoigne l’auditeur pour ne plus le lâcher, brossant un récit vif, contrasté, haletant. Par sa noirceur, sa lucidité, ses vents acides et ses effets percussifs, cette Symphonie Fantastique hofmannienne en diable fait défiler une succession d’images mentales qui vous clouent sur place. Presque soixante ans, et pas une ride.

Palmarès :

N°1
Version B
Orchestre symphonique de Detroit, dir. Paul Paray (Mercury, 1959)

© Mercury
© Mercury

N°2
Version A
Orchestre symphonique de Boston, dir. Charles Munch (RCA, 1954)

© RCA
© RCA

N°3
Version F
Orchestre philharmonique de New York, dir. Leonard Bernstein (Sony, 1963)

© Sony
© Sony

N°4
Version D
Orchestre de Cleveland, dir. Pierre Boulez (DG, 1996)

© DG
© DG

N°5
Version C
Orchestre révolutionnaire et romantique, dir. John Eliot Gardiner (Philips, 1991)

© Philips
© Philips

N°6
Version E
Orchestre royal du Concertgebouw d’Amsterdam, dir. Colin Davis (Philips, 1974)

© Philips
© Philips