Quelle est la meilleure version de La Neuvième Symphonie de Dvorak ?

Emmanuelle Giuliani, Piotr Kaminski et Philippe Venturini élisent la version de référence de la Symphonie n°9 "du Nouveau Monde" d'Antonin Dvorak, en public à La Folle Journée de Nantes 2018.

Quelle est la meilleure version de La Neuvième Symphonie de Dvorak ?
Antonin Dvorak, © Getty / Bettmann

(ré)écouter l'émission : La Tribune des critiques de disques du 04 février 2018

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compte-rendu:

Mécanique, robotique, la Neuvième de Dvořák selon Andris Nelsons est une machine orchestrale bien huilée et gonflée à bloc. Mais c’est asséné, recherche l’effet pour l’effet et n’exprime pas grand-chose.

La Philharmonie tchèque se livre à une démonstration époustouflante : le grand spectacle sonore réglé par Jiří Bělohlávek verse dans le premier degré, se distingue, dans le Largo, par un cor anglais rond et crémeux, hélas noyé dans un discours morcelé, où les éléments s’accordent difficilement.

Dans quel voyage nous embarque Bernstein ! Le premier mouvement démarre sur les chapeaux de roue, nez au vent, fougueux et plein de promesses. Le New York Philharmonic, créateur de la Symphonie en 1893, obéit comme un seul homme au geste conquérant de Lenny. Alors pourquoi, dans le second mouvement, verser dans ce pathos alangui, ce sentimentalisme si insistant que chaque phrase dévoile une intention larmoyante ? Dommage.

Vigueur, couleur, relief se mêlent avec allégresse sous la direction de Ferenc Fricsay : les pupitres du Philharmonique de Berlin font valoir de merveilleuses sonorités, qui éclatent dans un grand air lumineux. Le mouvement final témoigne de cette vision en technicolor, le tout dans des proportions habilement dosées, après un Largo assez indifférent.

Ah les saveurs de la Philharmonie tchèque ! Cette respiration, cette petite harmonie, ces cordes pleines de mystère… ! Karel Ančerl dessine un Dvořák équilibré et dégraissé, toujours en quête de lisibilité polyphonique. C’est pur, engagé, retenu aussi, manquant peut-être de tendresse dans le mouvement lent.

Le Philharmonique de Bruxelles ne rivalisera surement pas avec Berlin ou New York, mais c’est dans la lecture pleine de poésie et de panache de Michel Tabachnik qu’on trouvera le naturel et l’évidence de la Nouveau Monde, grâce à une narration flamboyante. Comme si on goûtait ici à la vérité organique de cette musique, exaltée dans un Largo d’une incroyable ferveur collective ; sans oublier l’Allegro con Fuoco final, sabre au clair. Bravo !

palmarès:

N°1
Version E

Orchestre philharmonique de Bruxelles, dir. Michel Tabachnik (2011)

Symphonie n°9 "Nouveau Monde" de Dvorak par Michel Tabachnik
Symphonie n°9 "Nouveau Monde" de Dvorak par Michel Tabachnik, © CD BPR

N°2
Version A

Orchestre philharmonique tchèque, dir. Karel Ančerl (Supraphon, 1961)

Symphonie n°9 "Nouveau Monde" de Dvorak par Karel Ancerl
Symphonie n°9 "Nouveau Monde" de Dvorak par Karel Ancerl, © CD Supraphon

N°3
Version C

Orchestre philharmonique de Berlin, dir. Ferenc Fricsay (DG, 1960)

Symphonie n°9 "Nouveau Monde" de Dvorak par Ferenc Fricsay
Symphonie n°9 "Nouveau Monde" de Dvorak par Ferenc Fricsay, © CD DG

N°4
Version F

Orchestre Philharmonique de New York, dir. Leonard Bernstein (Sony, 1962)

Symphonie n°9 "Nouveau Monde" de Dvorak par Leonard Bernstein
Symphonie n°9 "Nouveau Monde" de Dvorak par Leonard Bernstein, © CD Sony

N°5
Version B

Orchestre philharmonique tchèque, dir. Jiří Bělohlávek (Decca, 2013)

Symphonie n°9 "Nouveau Monde" de Dvorak par Jiri Belohlavek
Symphonie n°9 "Nouveau Monde" de Dvorak par Jiri Belohlavek, © CD Decca

N°6
Version D

Orchestre symphonique de la Radio bavaroise, dir. Andris Nelsons (BR, 2010)

Symphonie n°9 "Nouveau Monde" de Dvorak par Andris Nelsons
Symphonie n°9 "Nouveau Monde" de Dvorak par Andris Nelsons, © CD BR