Quelle est la meilleure version de la Symphonie de psaumes de Stravinsky ?

Chantal Cazaux, Bertrand Dermoncourt et Christian Merlin élisent la version de référence de la Symphonie de psaumes d’Igor Stravinsky.

Quelle est la meilleure version de la Symphonie de psaumes de Stravinsky ?
Igor Stravinsky , © Getty / George Hoyningen-Huene

(ré)Ecouter l'émission : La tribune des critiques de disques du dimanche 11 décembre 2016

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Compte-rendu

Est-on vraiment jamais mieux servi que par soi-même ? Stravinsky chef n’offre pas une version convaincante de Stravinsky compositeur : sa Symphonie de psaumes file droit, lisse, comme nivelée et sans contrastes. Sortie immédiate et sans regret.

Un Philharmonique de Berlin luxueux, un chœur précis, rigoureux de diction et de nuances, avec à sa tête un chef qui règle scrupuleusement le tout dans une transparence cristalline. Mais où sont l’enjeu, la puissance, la ferveur ? Pierre Boulez, ou l’option tout confort.

Evidemment le souffle trahit les ans, et l’accent du chœur, le caractère très slave de la lecture viscérale d’Igor Markevitch sautent aux oreilles. Mais quel voyage ! Cette Symphonie de psaumes sans concession, violente, tranchante et organique lorgne vers Chostakovitch : pour un peu, on en oublierait les écarts de justesse et de mise en place.

D’emblée on est saisi. Pourtant le ton n’est pas séduisant, et la Philharmonie tchèque, typée, crépite et montre ses verdeurs acides. Le geste de Karel Ancerl entraine tout sur son passage, et on est comme foudroyé par cette Symphonie de psaumes dramatique, théâtrale mais aussi terriblement humaine.

Leonard Bernstein, sur un tempo très lent, fascine par l’angoisse sourde qu’il fait jaillir de la partition, rituel obsessionnel et hiératique qui effraie presque, tout en nous touchant par sa chaleur et sa puissance d’expression – le climat désolé du II hypnotise. Une interprétation visionnaire, prophétique, indispensable complément de la lauréate de notre confrontation.

Voici la version de l’équilibre. L’urgence, la clarté, la dimension rituelle et irrépressible du message stravinskien, tout y est : dans une prise de son spacieuse qui capte parfaitement les forces superlatives de Birmingham, Andris Nelsons touche à l’esprit et au cœur de la Symphonie de psaumes. Elle s’impose haut la main auprès du public.

Palmarès

N°1
Version E

Chœurs et Orchestre Symphonique de Birmingham, dir. Andris Nelsons (Orfeo, 2009)

CD Stravinsky par Nelsons
CD Stravinsky par Nelsons, © © label Orfeo

N°2
Version B

English Bach Festival Chorus, London Symphony Orchestra, dir. Leonard Bernstein (Sony, 1972)

CD Stravinsky par Bernstein
CD Stravinsky par Bernstein, © © label Sony

N°3
Version A

Chœurs et Orchestre Philharmonique Tchèque, dir. Karel Ancerl (Supraphon, 1966)

Cd Stravinsky par Ancerl
Cd Stravinsky par Ancerl, © © label Supraphon

N°4
Version F

Chœurs et Orchestre Académique de l’Etat de Russie, dir. Igor Markevitch (Philips, 1962)

CD Stravinsky par Markevitch
CD Stravinsky par Markevitch, © © label Philips

N°5
Version C

Chœur de la Radio de Berlin, Orchestre Philharmonique de Berlin, dir. Pierre Boulez (DG, 1996)

CD Stravinsky par Boulez
CD Stravinsky par Boulez, © © label DG

N°6
Version D

Festival Singers of Toronto, CBC Symphony Orchestra, dir. Igor Stravinsky (Sony, 1963)

CD Stravinsky par Stravinsky
CD Stravinsky par Stravinsky, © © label Sony