Quelle est la meilleure version de la Suite en La de Jean-Philippe Rameau?

Elsa Fottorino, Piotr Kaminski et Philippe Venturini élisent la version de référence de la Suite en La de Jean-Philippe Rameau.

Quelle est la meilleure version de la Suite en La de Jean-Philippe Rameau?
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Compte-rendu

Capté dans une acoustique mate, et pour tout dire assez désagréable, Scott Ross nous livre un Rameau si régulier qu’il en devient monotone, ennuyeux. Sortie immédiate. Sobre, l’Allemande de Trevor Pinnock frôle la sécheresse ; les pièces suivantes ne sont pas sans noblesse, mais ce jeu mâchoire serrée affiche une application qui laisse de côté toute l’inventivité de ces pages. Dommage!

Il y a, dans le jeu sérieux et volontaire de Christophe Rousset, une envie d'en découdre et d’aller de l’avant ; Allemande et Courante sont pénétrées de cette morgue un peu hautaine propre à Rameau. Virtuose, très aboutie stylistiquement, l’exécution manque quand même de charme.

Catherine Latzarus capte tout ce que les pièces de Rameau ont de libre, de capricieux, d’indomptable. Son clavecin s’alanguit, électrise, envoûte, porté par un toucher félin. Le charme opère et distille une mélancolie tenace. Mais la magie opère-t-elle tout du long ?

Lignes mélodiques, chocs harmoniques, mouvement d’ensemble s’inscrivent très naturellement dans les doigts de Noëlle Spieth, qui joue un instrument tendre, souple, voluptueux. Les ornements foisonnent mais ne brouillent jamais le dessin, bien au contraire : ce sont des couronnes de fleurs qui magnifient le chant et galvanisent les danses. On en redemande.

Bertrand Cuiller nous fait entendre toute la fantaisie extravagante de Rameau. Grâce à de subtils jeux de résonances qui prolongent le son à l’infini, son clavecin se fait orchestre, et les ornements pimentent le discours avec malice. Le toucher perlé, avec ses graves profonds et ses aigus solaires, semble inventer la musique à mesure qu’elle se déroule. Une leçon de musique et de beauté : Rameau comme on n’ose le rêver.

Palmarès

N°1
Version F

Bertrand Cuiller (Mirare, 2014) N°2
Version B

Noëlle Spieth (Solstice, 1988)

N°3
Version D

Catherine Latzarus (Ligia Digital, 1997)

N°4
Version C

Christophe Rousset (L’Oiseau-Lyre, 1989)

N°5
Version E

Trevor Pinnock (CRD, 1975)

N°6
Version A

Scott Ross (Stil, 1975)

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