Quelle est la meilleure version de la Sonate pour piano n°12 de Mozart ?

Jérôme Bastianelli, Elsa Fottorino et Stéphane Friédérich élisent la version de référence de la Sonate pour piano n°12 en fa Maj. K.322 de Wolfgang Amadeus Mozart.

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Compte-rendu

Avec un jeu plein d’énergie, mais certains détails un rien escamotés, Lili Kraus va droit au but et donne un Mozart qui ne cherche pas la séduction. Tout ça manque d’air et paraît bien corseté. Est-ce encore Mozart ou déjà Brahms ? C’est un voyage très personnel assurément, où l'artiste aime s’attarder, s'épancher et faire chanter son instrument. Mais Sokolov pourra aussi horripiler par cette façon de réserver un sort à chaque note, de pousser la sophistication à l’extrême : hypnotique ou ennuyeux ?

Pourquoi écouter Glenn Gould dans Mozart, lui qui semblait le détester ? Pour son refus des conventions ? Ses violents parti-pris ? Certes, ce jeu façon machine à écrire a des côtés grotesques et prête parfois à rire. Mais quelle virtuosité étourdissante, et, dans sa radicalité, quelle manière géniale de réécrire l’œuvre ! Une gifle à Mozart, et saignante s’il vous plait à déconseiller quand même en première écoute.

Maria João Pires tient à son panache, et lance des gerbes d’étincelle dans le premier mouvement. Si l’Adagio souffre d’un épanchement superflu, l’Allegro final est malicieux et la virtuosité crépite, même si des pointes de dureté subsistent. Inégal.

Qui se souvient de Nicola Economou ? Il y a urgence à redécouvrir son Mozart. L'Allegro du premier mouvement, brillant, capricieux, se teinte soudain de désespoir, tandis que le mouvement central, d’une grande nostalgie, est porté par une dimension narrative qui éclate dans un final fiévreux, tendu. On s'amuse, on pleure, c'est Mozart, avec ses ombres et ses lumières.

Un seul mot pour qualifier le Mozart de Christian Zacharias : équilibre. Tout est parfait, du choix de tempi au mariage de légèreté et de gravité qui habille ce jeu perlé, conjuguant plaisir et profondeur, esprit et cœur : c’est précis, chantant, bourré d'imagination (ah, ce second mouvement et sa ribambelle de petites notes), bref Zacharias nous offre la version idéale pour une première approche... et même pour les suivantes.

Palmarès
N°1
Version A

Christian Zacharias (EMI, 1984)

Moart-A
Moart-A

N°2
Version D

Nicola Economou (Suoni e Colori, 1983)

Mozart-D
Mozart-D

N°3
Version C

Maria João Pires (DG, 1990)

Mozart-C
Mozart-C

N°4
Version E

Glenn Gould (Sony, 1965/66)

Mozart-E
Mozart-E

N°5
Version F

Grigory Sokolov (DG, 2008)

Mozart-F
Mozart-F

N°6
Version B

Lili Kraus (Sony, 1968)

Mozart-B
Mozart-B

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