Quelle est la meilleure version de la Sonate pour piano en si bémol Maj. de Franz Schubert ?

Sylvain Fort, Elsa Fottorino et Alain Lompech élisent la version de référence de la Sonate pour piano en si bémol Maj. D960 de Franz Schubert.

Quelle est la meilleure version de la Sonate pour piano en si bémol Maj. de Franz Schubert ?
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Seuls ont été pris en compte les enregistrements des 20 dernières années.


Compte-rendu

A trop multiplier les éclairages et morceler les atmosphères, Leon Fleisher perd de vue la ligne générale et donne le mal de mer. D’autant que l’instrument ferraille un peu dans les basses. Le premier mouvement débute tel un murmure, une confidence, mais trop vite la débauche d’effets et le manque de simplicité ne cachent plus rien de ce jeu narcissique ; l’Andante du second mouvement joue la carte de la déploration à n’en plus finir. Pleurnichard, le Schubert de Mitsuko Uchida ?

Philippe Cassard divise. L’entrée en matière est pondérée, prometteuse, révélatrice d’un monde intérieur inquiet, touffu, complexe. Mais cette poésie et ces qualités d’éloquence se figent dans un drapé et une rigidité qui déplaisent fortement aux critiques.

Ce n’est pas la lecture hyper maitrisée de Maria João Pires qui mettra les critiques d’accord. Certes on loue les qualités de son piano chantant, onctueux, mobile, qui avance dans les méandres schubertiens avec un rare sens de l’équilibre. « Mais tout ça pour ça ? Pour ce ton sec, froid, abstrait ? » lancent les uns, tandis que les autres admirent un Andante poignant, aux dynamiques subtilement dosées et aux silences habités. Qui aura raison ?

La lecture de Leif Ove Andsnes est d’un classicisme souverain. Narratif, son Schubert s’impose avec évidence et simplicité. Tout comme le final, l'Andante ne triche pas, investi, d’une grande humanité. On aurait peut-être aimé un soupçon de fièvre, ou plutôt un peu moins de sérénité.

Le climat est chargé sous les doigts d’Alfred Brendel. Ce Schubert très incarné est à la limite de la rupture et au maximum de la décantation. Le Molto Moderato initial varie à l’infini les registres et les lumières, décrit une atmosphère de renoncement et d’accablement à nulle autre pareille, quand le mouvement lent est un immense cri de désespoir, réconforté par un final où enfin le ciel s’ouvre… Le Schubert de Brendel serait-il définitif ?

Palmarès

N°1
Version F

Alfred Brendel (Philips, 1997)

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N°2
Version E

Leif Ove Andsnes (EMI, 2004)

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N°3
Version A

Maria João Pires (DG, 2011)

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N°4
Version B

Philippe Cassard (Ambroisie, 2001)

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N°5
Version C

Mitsuko Uchida (Philips, 1997)

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N°6
Version D

Leon Fleisher (Sony, 2004)

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