Quelle est la meilleure version de la Sonate n°8 K.310 de Mozart ?

Bertrand Dermoncourt (Classica, L’Express), Elsa Fottorino (Pianiste, La République du Classique) et Piotr Kaminski (Diapason) s’attaquent à la Sonate pour piano n°8 en la mineur de Mozart et en élisent leur version préférée.

Compte rendu de la Tribune des critiques de disques.

Qu’on ne se méprenne pas : si Mozart est un classique, classicisme ne rime ni avec sagesse ni avec préciosité – défauts, ici, de Vladimir Ashkenazy, dont le jeu est jugé « trop articulé, et privé de véhémence ». Il est éliminé au second tour, tandis qu’Alfred Brendel, lui, n’aura pas passé le premier, d’une « égalité consternante du début à la fin ».

Difficile de trouver une cohérence dans les choix de Richard Goode, qui semble « jouer pour lui-même » et s’égarer dans des « côtés improvisés » qui n’évitent pas « une certaine dureté du son ». Quant à Daniel Barenboïm, il divise l’équipe : après un premier mouvement engagé et plutôt bien construit, il s’égare dans « des poses artificielles et des lenteurs inutiles » au second jusqu’à déconcerter dans le Presto final : il trône pourtant à la troisième place, juste derrière Murray Perahia, qui éblouit par « sa noblesse, son grand style, et l’élégance suprême de son toucher »… auxquels il manquera peut-être « l’indispensable fêlure ».

C’est Christian Zacharias qui sort grand vainqueur : « des idées, des contrastes, de l’engagement et en même temps de la retenue », bref « un équilibre parfait et un ton inimitable. »

Palmarès

N°1 Christian Zacharias / EMI, 1985 (Version F) N°2 Murray Perahia / SONY, 1991 (Version C)

N°3 Daniel Barenboim / EMI, 1985 (Version E)

N°4 Richard Goode / Nonesuch, 2004 (Version D)

N°5 Vladimir Ashkenazy / Decca, 1967 (Version A)

N°6 Alfred Brendel / Brilliant, 1968 (Version B)

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