Quelle est la meilleure version de la Sonate n°13 en la Maj. de Schubert ?

Sarah Léon, Christian Merlin et Aurélie Moreau élisent la version de référence de le Sonate n°13 en la Maj. de Franz Schubert.

Quelle est la meilleure version de la Sonate n°13 en la Maj. de Schubert ?
Schubert au piano (détail), © Getty / Imagno

(ré)écouter l'émission : La Tribune des critiques de disques du dimanche 22 octobre 2017

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compte-rendu:

La Sonate n°13 n’est pas celle qui sied le mieux à Philippe Cassard, dont le toucher est jugé trop peu varié. Même s’il déploie de superbes basses et de longs phrasés caressants.

Voici un piano de caractère et un musicien qui sait faire entendre les verdeurs, les éclats et les irrépressibles bouffées de tendresse de la Sonate. Si Paul Badura-Skoda se montre un peu avare de contrastes, son Bösendorfer, très typé, ménage des épisodes vifs et une dramaturgie captivante : un Schubert très personnel.

On pardonnera à Elisabeth Leonskaja un certain manque d’homogénéité dans sa conception, et des dynamiques ça et là restreintes. Mais sa manière bien à elle se de faire fluctuer le temps schubertien et d’accentuer sa nostalgie dessinent une grande version romantique de la Sonate.

Que de sérieux ! Dès les premières mesures, Alfred Brendel choisit le versant mélancolique de l’œuvre, qui n’en réclame sûrement pas tant : c’est l’expression de la douleur qui sonne ici, sur un tempo très étiré, où les ombres occultent toute lumière. Quelques duretés dans l’Andante achèvent de donner un visage uniment sombre à ce Schubert.

Le chant, l’éloquence : Radu Lupu tire l’insouciante Sonate en la Majeur vers les travers ténébreux de Schumann, mais il le fait avec une grâce qui n’appartient qu’à lui. La pédale, parfois envahissante, a tendance à noyer les harmonies, mais ce Schubert habité, porté par un rubato toujours expressif, est d’une délicatesse à nulle autre pareille.

Le chant toujours, à nouveau l’éloquence, la sensibilité – la plus merveilleuse qui soit – et en plus un sens de la danse jaillissant, une sorte d’évidence. Maria João Pires joue Schubert comme elle respire ; sa Sonate parle vrai, plaintive et douce, qui, dans un tempo idéal, fait entendre toute la palette des émotions humaines.

palmarès:

N°1
Version E

Maria João Pires (DG, 2004)

Sonate n°13 en la Maj. de Schubert par Maria Joao Pires
Sonate n°13 en la Maj. de Schubert par Maria Joao Pires, © CD DG

N°2
Version F

Radu Lupu (Decca, 1991)

Sonate n°13 en la Maj. de Schubert par Radu Lupu
Sonate n°13 en la Maj. de Schubert par Radu Lupu, © CD Decca

N°3
Version A

Alfred Brendel (Philips, 1982)

Sonate n°13 en la Maj. de Schubert par Alfred Brendel
Sonate n°13 en la Maj. de Schubert par Alfred Brendel, © CD Philips

N°4
Version D

Elisabeth Leonskaja (Teldec, 1992)

Sonate n°13 en la Maj. de Schubert par Elisabeth Leonskaja
Sonate n°13 en la Maj. de Schubert par Elisabeth Leonskaja, © CD Teldec

N°5
Version C

Paul Badura-Skoda (Genuin, 1972)

Sonate n°13 en la Maj. de Schubert par Paul Badura-Skoda
Sonate n°13 en la Maj. de Schubert par Paul Badura-Skoda, © CD Genuin

N°6
Version B

Philippe Cassard (Ambroisie, 2001)

Sonate n°13 en la Maj. de Schubert par Philippe Cassard
Sonate n°13 en la Maj. de Schubert par Philippe Cassard, © CD Ambroisie