Quelle est la meilleure version de la Sérénade pour cordes de Piotr Illitch Tchaïkovsky ?

Jean-Charles Hoffelé, Antoine Mignon et Eric Taver élisent la version de référence de la Sérénade pour cordes de Tchaïkovsky.

Quelle est la meilleure version de la Sérénade pour cordes de Piotr Illitch Tchaïkovsky ?
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Compte-rendu

Comment insuffler à cette irrésistible Sérénade son équilibre propre, quelque part entre le sérieux de la symphonie et l’insouciance du divertissement ? Alléger l’orchestre ? Mais Tchaïkovski réclamait le plus de cordes possibles ! Nourrir le son à qui mieux mieux ? Attention à ne pas verser alors dans un pathos rédhibitoire ! Yuri Bashmet et ses Virtuoses de Moscou peinent à trouver la quadrature du cercle : c’est bien construit, finement articulé, mais derrière ce tissu orchestral plutôt léger perce une opulence excessive. Saluons tout de même un bel engagement. Leopold Stokowski tend les mélodies, sculpte les phrasés : c’est une direction impériale et grand style, un poil sérieuse lorsqu’il s’agit de se lancer dans la Valse ; impressionnante de prime abord, la version déçoit par la suite, un peu sèche d’émotion.

La lecture d’Eugene Ormandy divise tout au long de l’écoute. Certains ont beau rechigner devant ces sonorités mousseuses, avec des violons comme fondus dans un miel gourmand, il y a quelque chose de totalement jouissif dans la Valse ; oui, la coupe déborde surement dans l’Elégie, mais quel charme, quel humour !

Neville Marriner n’oublie ni le chant ni la souplesse derrière cette architecture hyper millimétrée, et à la tête d’un orchestre somptueux se distingue par son naturel ; il exalte le charme mozartien de l’œuvre, ménage ça et là quelques clins d’œil, et pourtant peine à captiver tout au long des quatre mouvements.

L’Orchestre de Saito Kinen d’Ozawa offre un moment de rêve, idéalise chaque courbe mélodique, chante des phrases d’opéra italien avec une imagination qui jamais ne succombe à l’excès. Puis viennent la scène de bal et le final, bouillonnant… Un bonheur simple et soyeux, avec de merveilleuses demi-teintes.

La légèreté, le drame, l’âme slave et le cœur mozartien réunis : Vladimir Ashkenazy et l’Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg fondent l’ensemble dans une sonorité gouleyante et une atmosphère solaire ; tout ça vit, palpite, bouleverse même, avec une Elégie lancée comme une lettre d’amour... Encore !!

Palmarès

N°1
Version F

Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg, dir. Vladimir Ashkenazy (Decca, 1996) N°2
Version C

Saito Kinen Orchestra, dir. Seiji Ozawa (Philips 1992)

N°3
Version E

Academy of St Martin in the Fields, dir. Neville Marriner (Philips, 1982)

N°4
Version A

Orchestre de Philadelphie, dir. Eugene Ormandy (Sony, 1960)

N°5
Version D

London Symphony Orchestra, dir. Leopold Stokowski (Pentatone, 1974)

N°6
Version B

Les Virtuoses de Moscou, dir. Yuri Bashmet (RCA, 1989)

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