Quelle est la meilleure version de la Première Partita pour clavier de JS Bach ?

Bertrand Dermoncourt, Elsa Fottorino et Piotr Kaminski élisent la version de référence de la Première Partita pour clavier de Jean-Sébastien Bach.

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Compte-rendu

Seules ont été prises en compte les versions pour piano des quinze dernières années.

La fluidité sera précieuse pour dessiner l’arche rayonnante du Prélude. Hélas, la multiplication des retards, cette juxtaposition de petites séquences, une tendance au rubato ôtent toute clarté à la structure et desservent le jeu de Racha Arodaky, qui lorgne même vers Chopin.

La sobriété n’est pas non plus le fort d’Andras Schiff, pianiste qui pense clavecin, et glisse un côté cubiste dans son Bach, même si l’allant est indéniable et l’équilibre entre main gauche et main droite parfait. Mais dans l’Allemande, l’accumulation d’effets est patent : trop c’est trop !

Quel dommage que l’Allemande de Murray Perahia ne parvienne à se hisser au niveau du Prélude, si prometteur d’esprit et d’humeur ! En effet les raffinements initiaux perdent de leur éclat, et le jeu, plein et virevoltant d’abord, s’étiole bientôt : on éteint les feux, le pur confort sonore prend le dessus.

Si tout le monde s’accorde à reconnaître la beauté du toucher et la stupéfiante aisance digitale de Piotr Anderszewski (la Gigue finale !), ses choix divisent : le Prélude, saugrenu, s’enchaine sur une Allemande implacable dans sa rigueur métronomique, et une Sarabande qui fascine… ou repousse, entre ennui et hypnose. L’articulation et le contrôle sont absolus dans ce travail d’orfèvre, mais pour qui joue ce feu follet ? Pour lui-même ou pour nous ? Et est-ce encore du Bach ?

A nouveau, Rudolf Buchbinder échauffe les esprits. Derrière ce toucher caméléon, certains perçoivent un insupportable maniérisme, avec mille idées à la mesure, d’autres louent au contraire son naturel, sa gourmandise, une montée dramatique suprêmement pensée et bâtie. C’est à la fois simple, véloce, chantant, d’une assise rythmique sans faille. Le public apprécie… voilà une excellente version de première écoute.

L’interprétation moelleuse, romantique, lumineuse de Zhu Xiao-Mei s’oppose diamétralement à la précédente, mais arrive quasi ex æquo avec elle. La pianiste a décanté la musique de Bach et en livre une lecture délicate, constamment expressive, rêveuse et sereine à la fois : on plonge au cœur de Bach, autant que dans sa chair et ses pas… de danses.

Palmarès

N°1
Version A

Zhu Xiao-Mei (Mirare, 1999) N°2
Version F

Rudolf Buchbinder (Sony, 2014)

N°3
Version B

Piotr Anderszewski (Virgin, 2001)

N°5
Version C

Murray Perahia (Sony, 2009)

N°5
Version E

Andras Schiff (ECM, 2007)

N°6
Version D

Racha Arodaky (Air, 2011)

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