Quelle est la meilleure version de la Cantate "Weinen, Klagen, Sorgen, Zagen" de Bach ?

Bertrand Dermoncourt (Classica), Emmanuel Dupuy (Diapason) et Philippe Venturini (Les Echos) élisent la version de référence de la Cantate « Weinen, Klagen, Sorgen, Zagen » de Jean-Sébastien Bach.

Compte-rendu de La Tribune des critiques de disques du 01 février 2015

Une ribambelle de qualificatifs déplaisants accueille l’interprétation de John Eliot Gardiner, soumise à un tempo excessivement étiré : contresens, hors-sujet, factice, inexpressif… Arrêtons là !

La version pionnière de Gustav Leonhardt aurait-elle mal vieilli ? Charmant ou fragile, ou charmant parce que fragile, le chœur d’enfants cache mal la précarité technique de l’ensemble, avec des grincements peu amènes – désagréments qui finissent par l’emporter sur l’engagement et les intentions expressives bien réelles du maitre.

Lecture atemporelle ou témoin archéologique d’une époque révolue ? Le Bach de Karl Richter divise l’équipe, les uns se laissant toucher par l’élévation du chœur d’entrée, fervente assemblée de fidèles, les autres se lassant vite de ce chant englué dans une lenteur atone, aux effets larmoyants.

Stephen Cleobury est spontanément loué pour sa franchise, les couleurs chambristes et l’atmosphère d’église qu’il obtient de ses musiciens, et ce dans une prise de son très réverbérée. Mais les promesses initiales retombent avec l’entrée en scène de la basse, étrangère au texte et peu soutenue par un orchestre tout à coup désintéressé.

Les options minimalistes du Cantus Köln (une voix par partie) échauffent les esprits : d’un côté, la lecture est admirée pour son intensité, sa force poignante nichée au creux de chaque mot (en dépit d’approximations constamment soulignées), de l’autre elle est fustigée pour son côté bien trop expérimental et des carences vocales flagrantes.

De facture solide, portée par une prise de son aérée, la version de Philippe Herreweghe offre une synthèse épanouie, où l’attention aux mots (l’art d’orfèvre de Mark Padmore) se fond dans une texture orchestrale soyeuse, à l’écoute d’un chœur homogène et spirituel. Sans doute la version idéale pour une première écoute.

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Palmarès

N°1
Version A
Daniel Taylor, Mark Padmore, Peter Kooy, Collegium Vocale Gent, dir. Philippe Herreweghe (HM, 2003) N°2
Version E
Johanna Koslowsky (soprano), Elisabeth Popien (solo), Gerd Türk (solo), Wilfried Jochens, Stephan Schreckenberger, Cantus Köln, dir. Konrad Junghänel (HM, 2000)

N°3
Version D
Michael Chance, Ian Bostridge, Michael George, King’s College Choir of Cambridge, The Academy of Ancient Music, dir. Stephen Cleobury (EMI, 1999)

N°4
Version F
Anna Reynolds, Peter Schreier, Theo Adam, Münchener Bach-Chor, dir. Karl Richter (Arkhiv, 1973)

N°5
Version B
Paul Esswood, Kurt Equiluz, Max van Egmond, Tölzer Knabenchor, King’s College Choir of Cambridge, Leonhardt Consort, dir. Gustav Leonhardt (Teldec, 1971)

N°6
Version C
William Towers, Mark Padmore, Julian Clarkson, The Monteverdi Choir, The English Baroque Soloists, dir. John Eliot Gardiner (SDG, 2000)

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