Quelle est la meilleure version de la 7ème Symphonie d'Anton Bruckner ?

Jérémie Cahen, Christian Merlin et Philippe Venturini élisent la version de référence de la 7ème Symphonie d'Anton Bruckner.

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Compte-rendu

La direction virile de Riccardo Chailly se distingue par sa volonté d’avancer : certes, l’Italien peut compter sur une phalange complice (le RSO Berlin), dont la qualité de legato n’a d’égale que les réserves de puissance, mais attention à ne pas dévoiler tous les mystères de la partition trop tôt ! Brucknérien fervent, Eugen Jochum anime une dramaturgie de chaque instant, et bâtit de grandes sections orchestrales qui pourront paraître décousues. L’Orchestre Philharmonique de Berlin y déploie tous ses attraits : voici la cathédrale symphonique attendue, jusque dans certaines lourdeurs du mouvement lent, au wagnérisme un peu appuyé. Impressionnant quand même.

A l’inverse, c’est une vision trop objective qu’on reproche à Günter Wand dans ce même Adagio. Le vieux maitre allemand dirige pourtant cette musique avec un naturel confondant, respire large, creuse les phrasés, dessine une architecture constamment mouvante : rien de gravé dans le marbre, une vie qui jaillit et se renouvelle en permanence.

Herbert von Karajan est déterminé, engagé – impatient, juge un tribun – avec des accents quasi belliqueux dans le mouvement initial et le Scherzo. Il offre surtout un vrai festin orchestral, avec une Philharmonie de Vienne soyeuse, aux cordes magiques, comme en lévitation. L’ensemble rayonne de clarté et d’équilibre, c’est poignant.

Le mysticisme habité dans lequel nous plonge Bernard Haitink s’appuie sur un Concertgebouw aux sonorités pleines, homogènes : la tension est maintenue de bout en bout, et il se dégage de cette approche humble et grandiose, une noblesse tout à la fois terrienne et céleste. Ancré dans le sol, Haitink tutoie les étoiles : quel voyage, quelle respiration !

Harnoncourt fascine. D’abord son Bruckner déstabilise, édifice lumineux en évolution constante, avec ses phrasés tendus, comme ciselés par les âges. Derrière ce travail d’orfèvre, perce une lointaine mélancolie où passe l’ombre de Schubert (Adagio ), quand le Scherzo s’engage dans une course folle. Mais on est surtout frappé par ce mélange unique d’élégance et d’élévation, qui renouvelle notre perception de Bruckner. Le public vote massivement pour cette version. Chapeau bas !

Palmarès

N°1
Version E

Orchestre Philharmonique de Vienne, dir. Nikolaus Harnoncourt (Teldec, 1999) N°2
Version F

Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam, dir. Bernard Haitink (Philips, 1978)

N°3
Version D

Orchestre Philharmonique de Vienne, dir. Herbert von Karajan (DG, 1989)

N°4
Version B

Orchestre Philharmonique de Berlin, dir. Günter Wand (RCA, 1999)

N°5
Version C

Orchestre Philharmonique de Berlin, dir. Eugen Jochum (DG, 1964)

N°6
Version A

Radio-Symphonie-Orchester Berlin, dir. Riccardo Chailly (Decca, 1984)

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