Quelle est la meilleure version de la 5e Symphonie de Jean Sibelius ?

Bertrand Dermoncourt, Emmanuelle Giuliani et Christian Merlin élisent la version de référence de la 5e Symhonie de Jean Sibelius.

Quelle est la meilleure version de la 5e Symphonie de Jean Sibelius ?
Jean sibelius en 1890 © DP

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Compte-rendu

Spécialiste de Sibelius, Paavo Berglund fait l’unanimité contre lui. C’est que sa connaissance superlative du compositeur et son respect maniaque du texte entrainent une surenchère de détails et de niveaux de lectures qui nous privent de l’élan viscéral de la Symphonie. On est impressionné, mais on admire poliment. Où sont le rêve, l’imagination, l’urgence intérieure ? Karajan et le Philharmonia font comme s’ils survolaient la matière sibélienne, ou refusaient de s’y engager. Trop égal, trop tranquille en somme : on n’a guère envie de s’attarder, d’autant que la prise de son est bien mate.

Le grain saute aux oreilles dans la lecture âpre de Kurt Sanderling : les bois caquètent, les cors vibrent, les basses ronflent, dans des phrases qui chantent en s’étirant. Mais derrière ce spectacle en technicolor, l’élan de spiritualité et la hauteur de vue se font désirer. Dommage.

Voilà un tempo qui défie l’entendement ! Lorin Maazel cherche-t-il à battre un record de vitesse ? La Philharmonie de Vienne semble en ébullition, tels des micro-organismes qui grouillent, palpitent, pour composer une Cinquième haute en couleurs, urgente, folle, jusque dans un troisième mouvement qui frôle l’expérimental.

La narration et le drame, Bernstein les sert avec un engagement et une subjectivité qui n’appartiennent qu’à lui. Si le New York Philharmonic n’a pas l’opulence des Viennois, ce grand malhérien nous brosse un Sibelius généreux, débordant, jusqu’au-boutiste. Effets garantis.

Sibelius n’est peut-être pas un paysagiste, mais ses lacs et ses ciels intérieurs sont là, qui miroitent dans la palette minérale et granitique de l’Orchestre de Lahti. La mise en place est millimétrée, et la baguette d’Osmo Vänskä rend à la musique les plus infimes oscillations de son spectre. Indispensable.

Palmarès

N°1
Version C

Orchestre Symphonique de Lahti, dir. Osmo Vänskä (Bis, 1997) N°2
Version D

New York Philharmonic, dir. Leonard Bernstein (Sony, 1961)

N°3
Version E

Orchestre Philharmonique de Vienne, dir. Lorin Maazel (Decca, 1966)

N°4
Version B

Berliner Sinfonie-Orchester, dir. Kurt Sanderling (Berlin Classics, 1971)

N°5
Version A

Philharmonia Orchestra, dir. Herbert von Karajan (Warner, 1960)

N°6
Version F

Orchestre Philharmonique d’Helsinki, dir. Paavo Berglund (Warner, 1986)

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