Quelle est la meilleure version de l'Ouverture de Guillaume Tell de Rossini ?

Quelle Ouverture du Guillaume Tell de Gioacchino Rossini choisir ? Le débat est lancé entre Jérémie Cahen (disquaire chez Gibert Joseph), Jean-Charles Hoffelé (Diapason, L’Avant-scène opéra) et Eric Taver (l’Etudiant, Classica).

Quelle est la meilleure version de l'Ouverture de Guillaume Tell de Rossini ?
Rossini photographié par Nadar © DP

Compte-rendu de La Tribune des critiques de disques du 19 octobre 2014

Rossini, Claudio Abbado a beau le connaître sur le bout des doigts – ses intégrales font école – la seule ouverture de Guillaume Tell laisse sur sa faim : aucun naturel, ni sentiment, ni respiration, tout semble vain, « c’est lacrymal » lance un tribun ! Exit.

Karel Ancerl et Herbert von Karajan connaitront à peu près le même sort : la Philharmonie tchèque se disperse, souffre d’une mise en place approximative, et se livre à une succession de grimaces sorties d’un cartoon ; les Berlinois et leur chef lorgnent, eux, vers Bruckner et en rajoutent dans la parade et le dégoulinant : esprit de Rossini où es-tu ?

Carlo Maria Giulini et le Philharmonia laissent une impression mitigée : entre esprit chambriste et vision symphonique, cette lecture manque d’air, la nature étouffe, les tons saturent : diable ! Nous sommes à l’opéra quand même!

Tout cela, les deux Riccardo le comprennent magistralement, il sera difficile de les départager : à la tête d’un Philharmonia de rêve, Muti chante, soupire, anime des personnages et un drame dès les premières mesures. Chailly, qui cravache moins, ne lâche rien pour autant : le tempo est idéal et le théâtre jaillit, plein de naturel, d’humanité, de couleurs, avec des crescendo et des decrescendo comme on n’en fait plus – de l’aube initiale au galop conclusif, il emporte tout. Bravo !

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Palmarès

N°1
Version D
Orchestre Philharmonique de la Scala, dir. Riccardo Chailly
(Decca, 1995)

N°2
Version B
Philharmonia Orchestra, dir. Riccardo Muti
(EMI, 1980)

N°3
Version A
Philharmonia Orchestra, dir. Carlo Maria Giulini
(EMI, 1965)

N°4
Version C
Orchestre Philharmonique de Berlin, dir. Herbert von Karajan
(DG, 1984)

N°5
Version E
Orchestre Philharmonique Tchèque, dir. Karel Ancerl
(Supraphon, 1960)

N°6
Version F
London Symphony Orchestra, dir. Claudio Abbado
(RCA, 1978)

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