Quelle est la meilleure version de L'Eraclito Amoroso de Barbara Strozzi ?

Jérémie Bigorie (Classica), Jérémie Cahen (disquaire chez Gibert Joseph) et Jean-Charles Hoffelé (Diapason) élisent les meilleures versions de L’Eraclito Amoroso et de Lagrime mie de Barbara Strozzi.

Compte-rendu de La Tribune des critiques de disques du 08 mars 2015

2 oeuvres au programme de cette édition = Votez 2 fois sur cette page !

1) ## L'Eraclito Amoroso

Pour faire croire aux revers amoureux d’Héraclite, il ne suffit pas de dérouler la superbe mélodie du lamento, mais d’incarner et de faire vivre le recitar cantando de Barbara Strozzi, laquelle laisse beaucoup de liberté à ses interprètes !

Hélas, Anna Reinhold surjoue le texte, comme si, en appuyant les mots, elle cherchait à nous convaincre qu’elle les pensait : on reste de marbre.

Suzanne Ryden chante d’une voix pleine et équilibrée certes, mais avec des dynamiques égales du début à la fin et un continuo sans surprises.

Raquel Andueza divise : si la voix est petite (aigre ?), passant ainsi à côté des affects, elle parvient tout de même à émouvoir par sa simplicité et par l’humilité du luth qui dialogue avec elle.

Philippe Jaroussky suscite lui aussi le débat : l’un adhère à la sensualité du timbre, les autres rejettent des maniérismes incessants, un premier degré lisse, une indifférenciation au texte flanquée d’un continuo sans intérêt.

Tout bascule avec Anne Sofie von Otter (largement plébiscitée par le public), qui nous convie à l’opéra ; la voix traduit mille inflexions à la seconde, et le chant, plus vrai que beau, ose se perdre dans le murmure, le râle – quitte à en faire trop ?

Avec des moyens plus homogènes, plus impressionnants peut-être encore, Magdalena Kozena campe un personnage grandiose, dessinant des tourments dignes de la statuaire baroque : des drapés qui sont autant d’accents tragiques, où mots et voix vibrent à l’unisson, pour un voyage chez Strozzi tout en ombres et en lumières. Magistral.

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2)

Lagrime mie

Dans Lagrime mie, Anna Caterina Antonacci surclasse sans effort ses rivales : présence magique, naturel inné entre chant et sémantique du texte, le charisme de la tragédienne nous fait plonger au cœur de la cantate. En regard, l’interprétation de Cécile Scheen semblera plus artificielle, malgré le bouillonnement de vie et de couleurs offert par l’orchestre d’Alarcon, quand le chant de Romina Basso, avec des sons gutturaux à la limite de l’audible, restera une expérience en soi, inclassable… mais très dispensable.

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