Quelle est la meilleure version de l'Arlésienne de Bizet ?

Jérémie Cahen (disquaire chez Gibert Joseph Versailles), Stéphane Friédérich (Pianiste) et Emmanuelle Giuliani (La Croix) élisent la version de référence de L’Arlésienne de Georges Bizet.

Quelle est la meilleure version de l'Arlésienne de Bizet ?
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Compte-rendu de La Tribune des critiques de disques du 18 janvier 2015

De la cohérence : voilà ce qui fait défaut à L’Arlésienne d’Ormandy ; les pupitres solo jouent la surenchère, un legato mielleux envahit l’ensemble et le chef ose de tels rubato que les tribuns décident de sortir sur le champ cette version. Puissamment romantique, la conception de Claudio Abbado s’appuie sur une phalange de toute beauté, mais à force d’accélérer et de ralentir, elle perd tout nerf dramatique et blanchit à vue d’œil – ennui, quand tu nous tiens...

Du legato, il y en a à revendre dans la lecture hédoniste de Jean-Claude Casadesus, à la tête d’un Orchestre de Lille en grande forme ; pourtant le poignant Adagietto ne rachètera pas les baisses de tension générales. Dommage.

Igor Markevich et l’Orchestre Lamoureux divisent : oui, le drame jaillit à chaque mesure, et avec une franchise inouïe, mais non, cette puissance d’accent ne devrait pas virer à pareille brutalité ; si la verve cinglante du Prélude étonne, les accents malhériens de l’Adagietto, eux, détonnent.

Leonard Bernstein campe un premier degré avec un élan et une générosité formidables – ceux-là même de Bizet et de Daudet : malgré une panne d’inspiration au Menuet, que de chant, que de rythmes enjôleurs !

Quant à Josep Pons, il hisse L’Arlésienne à un tel niveau qu’on se pince pour y croire ; non seulement l’orchestre est hyper caractérisé, spirituel, sensuel, bondissant, avec ses verdeurs et son esprit canaille, mais le chef catalan déploie un livre d’images tout droit sorties des Lettres de mon moulin ; le caractère est franc, noble, avec sa part de mystères, et les danses populaires cèdent la place à un drame amoureux de toute pudeur. Un superbe cru.

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Palmarès

N°1
Version C
Orquesta Ciudad de Granada, dir. Josep Pons (HM, 1999) N°2
Version F
New York Philharmonic, dir. Leonard Bernstein (Sony, 1968)

N°3
Version A
Orchestre des Concerts Lamoureux, dir. Igor Markevitch (Philips, 1959)

N°4
Version D
Orchestre National de Lille, dir. Jean-Claude Casadesus (Forlane, 1984)

N°5
Version B
London Symphony Orchestra, dir. Claudio Abbado (DG, 1981)

N°6
Version E
Philadelphia Orchestra, dir. Eugene Ormandy (RCA, 1975)

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