Quelle est la meilleure version de "Dixit Dominus" de Georg-Friedrich Haendel ?

Avec la participation de Chantal Cazaux (L'Avant-Scène Opéra), Emmanuel Dupuy (Diapason) et Emmanuelle Giuliani (La Croix).

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Georg-Friedrich Haendel

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Compte rendu

Il ne suffit pas d’aller vite pour être expressif. C’est en substance ce qu’on reproche à la lecture hâtive de Marc Minkowski, qui accumule les effets et manque paradoxalement d’énergie. La prise de son rajoute à la confusion – dommage pour ses deux magnifiques solistes, Annick Massis et Magdalena Kozena.

Diego Fasolis propose d’emblée un climat plus martial que festif. Le De Torrente divise : pour les uns, deux jolies voix bien appareillées dialoguent, s’épousent et se rencontrent, pour les autres elles souffrent de maniérismes et de ports de voix hors propos.

La version de John Eliot Gardiner a marqué son époque : phrasés amples, tempi larges, superbe qualité chorale et instrumentale… une conception bien marmoréenne toutefois. Et lorsque s’élèvent les timbres de Margaret Marshall et Felicity Palmer, on est au comble de l’hédonisme sonore, de la pure jouissance vocale. Comme c’est beau ! Mais est-ce encore du Haendel ?

Sous la baguette d’Emmanuelle Haïm, Natalie Dessay, Karine Deshayes, et un Philippe Jaroussky fondant dans le Virgam Virtutis, déploient leurs plus beaux atours. Sans doute ces volutes et ces vocalises ouatées masquent-elles une architecture un peu frêle, un orchestre perfectible. Mais voilà de la belle ouvrage !

Les deux solistes d’Andrew Parrott se situent aux antipodes de celles de Gardiner : voix un rien acides, mais dont le côté enfantin émeut, tandis que la réalisation générale est solide, convaincante car convaincue. L’énergie et la ferveur ne faiblissent pas, voici une vision du Dixit vive et lisible.

Marcus Creed atteint un équilibre idéal, où texte et musique fusionnent dans une irrésistible jubilation. Trois solistes de grande classe (splendide De Torrente ) l’épaulent, et insufflent une dimension théâtrale à ce Dixit précis et éloquent : joie, lumière et liberté.

Palmarès
Dixit Dominus de Haendel
Les six versions

N°1
Version E
Hélène Guilmette, Sophie Klussmann, Andreas Scholl, Vocalconsort Berlin, Akademie für Alte Musik, dir. Marcus Creed (HM, 2008)

N°2
Version C
Jill Feldman, Emma Kirkby, Margaret Cable, Taverner Choir and Players, dir. Andrew Parrott (Virgin, 1987)

N°3
Version F
Natalie Dessay, Karine Deshayes, Philippe Jaroussky, Le Concert d’Astrée, dir. Emmanuelle Haïm (Virgin, 2006)

N°4
Version D
Margaret Marshall, Felicity Palmer, Charles Brett, Monterverdi Choir et Orchestre, dir. John Eliot Gardiner (Erato, 1976)

N°5
Version A
Lena Lootens, Roberta Invernizzi, Gloria Banditelli, Chœurs de la Radio Suisse italienne, Ensemble Vanitas, dir. Diego Fasolis (Arts, 1996)

N°6
Version B
Annick Massis, Magdalena Kozena, Sara Fulgoni, Les Musiciens du Louvre, dir. Marc Minkowski (Archiv, 1998)

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