Quand la musique classique se fait sensuelle

De la sulfureuse Carmen de Bizet au jazz sensuel de Gershwin, en passant par un madrigal franchement coquin de Monteverdi, voici une sélection toute en musique des plus délicieux hommages aux plaisirs charnels…

Quand la musique classique se fait sensuelle
Le baiser Klimt

Souvenez-vous d’Ulysse et du chant des sirènes… c’est ce que Judith Ann Peraino, professeure à l’Université de Cornwell, identifie comme la première et parfaite description de l’état d’ "extase psycho-sexuelle" dans lequel peut nous plonger la musique. Et quel répertoire a, selon la chercheuse, de véritables vertus aphrodisiaques ? Le classique, bien entendu…

Textes crus ou suggestifs, mélodies languissantes, tangos passionnés… Nous avons sélectionné quelques œuvres du répertoire capables de vous émoustiller.

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Rhapsody in Blue : bouleversement musical et sensoriel
Rhapsody In Blue, c’est la rencontre inattendue entre le jazz, indomptable, improviste, et un compositeur qui ne demande qu’à s’affranchir. Une seule note, et l’univers musical en est bouleversé. Quelques secondes seulement, et le corps vacille au son du glissando de la clarinette.

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Bacchanale de Saint-Saëns : l’irrésistible attrait du mystère
Saint-Saëns l’a bien compris : quoi de mieux que le personnage biblique de Dalila, exotique et fatale séductrice, pour incarner cet irrésistible attrait que nous font éprouver l’inconnu et la beauté !

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Carmen : la tentation du danger
La Carmen de Bizet n’est pas un personnage romantique… elle incarne la tentation à l’état pur, le charme et le risque. « Prends garde à toi ! ». Elle l’aura pourtant prévenu, ce pauvre Don José…

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Erik Satie : l’obsession assumée
« Je n’ai qu’une envie… […] Que ton corps soit le mien et que toute ma chair soit tienne » : avec Erik Satie et son parolier Henry Pacory, le ton est donné. « Oui, je te veux » : la valse a beau être tranquille et sensuelle, le chant s’affirme et se libère de sa pensée obsessionnelle.

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Piazolla : séduction caliente
Le tango est lent, lascif. On ne le danse qu’à deux, abrazo cerrado (collé-serré), et par ses jeux de jambes, de bassins, de regards et de caresses, il est l’instant même de la rencontre avec le corps de l’autre.

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Monteverdi : douceur et fugacité des plaisirs
« Qu’il est doux, lèvres adorées, de vous entendre et de vous embrasser. Mais lorsque l’un de ces deux plaisirs m’est offert, c’est que l’autre m’est empêché ». Le plaisir est insupportable tant il est agréable… Monteverdi alterne déclamations extatiques et rythmes excités, avant de résoudre l’insoutenable dilemme : « parle-moi de tes baisers et ce sont tes baisers qui devront me parler ».

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Scriabine : le chemin vers l’orgasme
Le Poème de l’extase, c’est la longue, complexe et démesurée description musicale de la jouissance physique et spirituelle. « Le désir donne l’impression d’une longue durée » écrivait Scriabine, proposant dans son œuvre des rythmes d’abord suspendus et langoureux, avant d’emporter son orchestre dans un irrésistible crescendo final.

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Debussy : après l’amour
« C’est l’extase langoureuse, c’est la fatigue amoureuse » : si le doute plane quant à la nature de cette extase, spirituelle ou amoureuse, une chose est sûre : on recueille ici les confidences d’un(e) amant(e) comblé(e)…

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Dowland : déjà, le manque
« Reviens, l’amour exquis invite les faveurs que tu me refuses, à satisfaire le plaisir qui m’est dû, à te contempler, te toucher, t’embrasser et mourir avec toi dans la plus douche harmonie ». John Dowland, contemporain britannique de Monteverdi, suggère lui aussi ses idées toute en finesse. Si on connaissait au Moyen Age la chanson grivoise, c’est bien à la Renaissance que semble avoir été inventée la sensualité.

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