¡ Petit tour d’Espagne en musique !

Un peu de géographie musicale… Partons de la pointe nord-ouest du continent ibérique pour nous rendre à Barcelone, en faisant un (large) détour par Madrid, Séville et Valence : l’occasion de redécouvrir la richesse musicale espagnole... ¡ olé !

¡ Petit tour d’Espagne en musique !
Drapeau espagnol

Etape 1 : Des sonorités celtiques en Galice

Le ciel de Galice ressemble davantage à celui de la Bretagne ou de l’Irlande plutôt qu’au bleu ensoleillé de la costa del sol … est-ce pour cela qu’on y retrouve les influences culturelles du monde celtique ? Pas seulement, évidemment. Il y a plus de deux mille ans, des peuples celtes ont occupé le nord-ouest ibérique avant qu'il ne soit envahi par les Romains. On trouve ainsi l'héritage des cultures celtiques dans ce coin d'Espagne avec, par exemple, le son de la gaïta (cornemuse locale) dans les musiques traditionnelles.

Etape 2 : Polyphonie vocale en Castille-et-León

En traversant la région de Castille-et-León du nord vers le sud, un détour par la ville d'Ávila permet d’admirer ses murailles médiévales, restées parfaitement intactes. C’est ici que le jeune Tomás Luis de Victoria, emblématique compositeur de la Renaissance espagnole prend, au XVIe siècle, ses premières leçons de plain-chant et de composition, avant de partir à Rome où il recevra l’enseignement des plus grands maîtres de la polyphonie vocale, tel que Palastrina.

Etape 3 : Une zarzuela à Madrid

Nous sommes à Madrid, au XVIIe siècle. Le roi Philippe IV, amateur de chasse et de musique, fait construire une résidence secondaire, le Palacio de la Zarzuela, à quelques kilomètres au nord de la capitale– la zarzuela désignant, en espagnol, un lieu sauvage envahi par les ronces. Dans les salons de ce palais, on donne de grandes fêtes théâtrales et musicales, las fiestas de la zarzuela, dont le succès est tel qu’elles seront reproduites à travers tout le pays et donneront naissance à un genre bien précis de la musique espagnole : la zarzuela.

Etape 4 : Pas que du flamenco en Andalousie !

On se rend habituellement en Andalousie pour y entendre les guitares et les voix rauques du flamenco... oui, mais la région recèle de bien d’autres trésors musicaux ! Par exemple : l'Orphenica Lyra - recueil publié à Séville en 1554 - dont le cinquième livre rassemble des mélodies de Cristóbal de Morales, Juan Vázquez ou encore Mateo Flecha 'el viejo '. Et si la prise de Grenade - dernière bataille de la Reconquista espagnole - est déjà loin derrière ces musiciens de la Renaissance, les traces de l’occupation maure imprègnent encore, elles, les chants populaires qu’ils composent.

Etape 5 : Valence, province natale de Joaquin Rodrigo

Qui n’a jamais entendu le célèbreConcerto d’Aranjuez ? On pense souvent, à tort, qu'il est la seule et unique œuvre de Joaquin Rodrigo. Or le compositeur a été prolifique, d’autant plus que devenu aveugle à l’âge de trois ans, il lui a fallu dicter ses partitions notes par notes et en faire exécuter chaque ligne au piano avant de les envoyer, enfin, à ses éditeurs.

Dernière étape : Barcelone, vivier de talents

A l’aube du XXe siècle, alors qu’Antonio Gaudí fait construire la Sagrada Família et le Parc Güell, Enrique Granados compose ses douze Danzas españolas. La capitale catalane s’impose comme un des hauts lieux de la culture européenne et verra naître quelques-uns des plus emblématiques musiciens espagnols : la soprano Montserrat Caballé, le ténor José Carreras, le violiste-chef d’orchestre Jordi Savall ainsi que sa chanteuse et épouse Montserrat Figueras.

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