"Nouvelles lettres de Berlioz" - sélection Prix France Musique des Muses 2017

"Nouvelles lettres de Berlioz, de sa famille, de ses contemporains" est un recueil issu de la recherche d'une équipe de spécialistes composée de Peter Bloom, Joël-Marie Fauquet, Hugh Macdonald et Cécile Reynaud. Présentation du livre, de l'un de ses auteurs, et entretien.

"Nouvelles lettres de Berlioz" - sélection Prix France Musique des Muses 2017
Couverture du livre "Nouvelles lettres de Berlioz", © Actes Sud

Quelques mots sur Cécile Reynaud

Cécile Reynaud est conservatrice en chef au département de la Musique de la Bibliothèque nationale de France, et Directrice d’études à l’École Pratique des Hautes Études, rattachée à l’équipe SAPRAT. Elle est spécialiste du romantisme musical. Ses recherches portent sur Liszt et la virtuosité romantique, sur Berlioz et sur l’histoire de l’enseignement de la musique (notamment le Prix de Rome). Elle est l’auteur de nombreuses publications sur la vie et l’œuvre de Berlioz, a coédité le Dictionnaire Berlioz (Fayard) et a été co-commissaire de l’exposition « Berlioz, la voix du romantisme » qui s’est tenue en 2003 à la Bibliothèque nationale de France.

Nouvelles lettres de Berlioz

Suite et compléments des huit volumes de la Correspondance générale (publiés chez Flammarion, de 1972 à 2003, sous la direction de Pierre Citron), le présent ouvrage contient près de trois cents lettres inédites ou partiellement inédites de la plume du compositeur, de nombreuses lettres de sa famille, de ses collègues et de ses amis. Celles-ci éclairent ici d’un jour nouveau la carrière de Berlioz ainsi que le déroulement de sa vie privée et professionnelle.

Trois questions à Cécile Reynaud

  • Quelle place occupe ce dernier ouvrage dans votre carrière ?

Ce livre rassemble des chercheurs américains et français et se place doublement dans ma carrière de musicologue et de conservateur de bibliothèques. D’une part, il représente un aboutissement, ou un moment clé, de mes recherches sur Berlioz : en effet, la découverte de nouvelles lettres du musicien a d’abord été rendue possible par les travaux sur la collection Macnutt, acquise en 2000 par la BNF. L’étude de cette collection, riche en autographes, a entraîné la recherche de nouvelles lettres : j’ai ainsi mené des recherches chez les descendants de Berlioz qui ont bien voulu mettre à ma disposition un certain nombre de documents.

Dans ma carrière de conservateur de bibliothèques, ce livre vient aussi à un moment particulier : la découverte récente du manuscrit autographe de la partition chant piano des Troyens de Belrioz m’a amenée à des travaux philologiques sur les manuscrits du compositeur. Après avoir été classé trésor national, ce manuscrit est finalement entré dans les collections du département de la Musique de la BNF. Les nouvelles lettres de Berlioz, dont certaines évoquent les Troyens, sont la logique de ce « renouveau » de la recherche berliozienne.

  • Que pensez-vous apporter aux lecteurs dans votre ouvrage ?

Cet ouvrage arrive après les 8 volumes de la Correspondance générale de Berlioz, menée par Pierre Citron et dont le dernier volume est paru en 2003 ! Nous avons opéré un choix différent pour ce volume de correspondance berliozienne : il s’agissait cette fois d’ajouter aux nouvelles lettres du compositeur, le point de vue de ses contemporains, en privilégiant celui de sa famille et de ses amis proches, ainsi que d’artistes qu’il avait côtoyés. Ainsi, ses parents, ses deux soeurs, Nanci et Adèle, son oncle Marmion, sa femme Harriet, de proches amis, prennent-ils la parole pour parler du compositeur, jeune et moins jeune, et dialoguent entre eux, échangeant des opinions sur la carrière du jeune romantique. Cette vision de Berlioz révèle son inscription profonde dans son milieu familial, la vie quotidienne à La Côte-Saint-André, le poids des avis de sa famille dans les tournants de sa vie. A cela s’ajoutent de nouvelles lettres d’illustres contemporains, au premier rang desquels Wagner et Liszt. Les échanges artistiques avec ces compositeurs sont essentiels.

  • Quels sont vos projets futurs ?

Ils ne sont pas tous berlioziens, mais touchent tous au XIXe siècle musical. Berlioz n’est donc jamais très loin. Je travaille en ce moment sur l’autobiographie musicale, et en particulier je collabore à une édition critique des Mémoires de Berlioz. Je mène aussi un projet sur l’histoire de l’enseignement musical, en particulier centré sur l’histoire du Conservatoire de Paris, dont Berlioz n’était jamais très éloigné.

Propos recueillis par Aurore Pelliet dans le cadre d'un projet de tutorat.