Le clavier en ivoire d'un piano détruit par la douane néo-zélandaise

La douane néo-zélandaise a retiré la partie supérieures des touches d'un piano appartenant à un Britannique qui venait s'installer dans le pays. Elles étaient en ivoire, une matière interdite dans le pays au nom de la protection des espèces menacées. Le propriétaire crie au vandalisme.

Le clavier en ivoire d'un piano détruit par la douane néo-zélandaise
Le piano de Julian Paton avant le retrait des parties en ivoire, © Julian Paton (propriétaire du piano)

Lorsque le Britannique Julian Paton a décidé de déménager en Nouvelle-Zélande, il a tout emporté, y compris son piano droit. L'instrument date de 1895, il en a fait cadeau à son épouse il y a plus de 30 ans et ses enfants ont appris à jouer dessus. Mais arrivé dans l'hémisphère sud, l'objet reste bloqué car la douane le considère comme une exportation illégale.

Les touches du piano sont faites d'ivoire, une matière bannie du sol néo-zélandais. Le pays est signataire de la Cites, la convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction, destinée à enrayer le braconnage, notamment des éléphants.

L'ivoire détruit aux frais du propriétaire

Les douaniers ont donc retiré la partie supérieure des touches du piano de Julian Paton et lui ont annoncé qu'il devait payer les frais de destruction. Pourtant, les objets fabriqués avant 1914 peuvent être exemptés des directives de la Cites. « Nous avons suivi toutes les règles obligatoires », plaide M. Paton dans les colonnes du New Zealand Herald. 

Selon lui, l'ivoire a bien été déclaré, mais l'absence d'un seul document rend toute la procédure caduque. Malgré ses efforts, il ne parvient pas à récupérer les pièces en ivoire et il est impossible de faire les papiers nécessaires sur place. Julian Paton se dit « horrifié par cette bureaucratie » et dénonce du « vandalisme ».

Une affaire politique

Désespéré, le propriétaire du piano fait appel au député Dave Seymour pour l'aider à débloquer la situation. Ce dernier intervient auprès de la ministre de la Conservation (en charge du patrimoine naturel et historique). Il se fend aussi d'un tweet : « Il est gênant de voir de quelle manière nous accueillons les nouveaux venus ». L'appel reste vain, la ministre affirme sa « sympathie » envers Julian Paton, mais refuse de faire une exception.

Le Britannique, déçu, refuse de payer les frais administratifs supplémentaires facturés par les douanes. « C'est comme si on appliquait du sel sur une plaie », déplore-t-il. S'il veut rejouer sur son piano, il devra payer l'installation de touches en matière synthétique.