"Mozart 1941" de Marie-Hélène Benoit-Otis & Cécile Quesney - Sélection du Prix France Musique des Muses 2020

Sélectionné pour le Prix France Musique des Muses 2020 "Mozart 1941. La Semaine Mozart du Reich allemand et ses invités français" de Marie-Hélène Benoit-Otis & Cécile Quesney est édité aux Presses Universitaires de Rennes. Présentation :

"Mozart 1941" de Marie-Hélène Benoit-Otis & Cécile Quesney - Sélection du Prix France Musique des Muses 2020
"Mozart 1941. La Semaine Mozart du Reich allemand et ses invités français" de Marie-Hélène Benoit-Otis & Cécile Quesney (Presses Universitaires de Rennes) - Sélection du Prix France Musique des Muses 2020, © pôle vidéo - France Musique

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Les autrices

Musicologue et germaniste, Marie-Hélène Benoit-Otis est professeure à la Faculté de musique de l’Université de Montréal. Elle s’intéresse à l’opéra et aux fonctions politiques de la musique, notamment sous le Troisième Reich et dans l’après-guerre.

Cécile Quesney est attachée temporaire d’enseignement et de recherche à Sorbonne Université. Agrégée, docteure et diplômée du CNSMDP, elle s’intéresse à l’histoire des pratiques musicales en France et en Europe au XXe siècle, en particulier pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le livre

L’ouvrage retrace l’histoire de la monumentale Semaine Mozart du Reich allemand, qui s’est tenue à Vienne à la fin de l’année 1941. À cette occasion, les autorités national-socialistes ont invité 22 journalistes et personnalités du milieu musical français, qui ont fait l’objet sur place d’une véritable opération de séduction. S’appuyant sur de nombreuses sources inexplorées, Mozart 1941 dévoile tous les rouages de cette entreprise de manipulation de l’image et de la musique de Mozart, de l’origine du projet jusqu’à ses nombreux échos. 

  • Quelle est la place de cet ouvrage dans votre carrière ?

Ce livre à quatre mains résulte de la mise en commun de nos champs d’expertise respectifs : Cécile travaille sur la vie musicale en France et sur la Seconde Guerre mondiale, et Marie-Hélène est germaniste et spécialiste de Mozart. À nous deux, nous avions tout ce qu’il faut pour aborder ce sujet ! Nous pensions publier un article, mais devant l’intérêt du sujet et l’ampleur des archives que nous avons trouvées, nous avons finalement décidé d’écrire un livre, ce qui s’est révélé une expérience extrêmement enrichissante.

  • Qu’avez-vous cherché à montrer davec cet ouvrage ?

Nous montrons que ce gigantesque festival, le plus important de la période, a constitué un événement majeur de la propagande musicale nazie. Le « divin Mozart », présenté comme un compositeur aryen, allemand et donc universel, a permis de persuader les invités – en particulier les Français – de la supériorité de l’Allemagne de Hitler. Au-delà de la seule Semaine Mozart, l’ouvrage explore des questions plus larges, relatives notamment au rôle politique des musiciens et des invités qui ont diffusé l’événement, tout en défendant pour certains l’autonomie de la musique.

  • Quels sont vos prochains projets ?

Ils sont nombreux ! Nous avons encore quelques articles à quatre mains en cours de publication, ce qui nous permet de continuer à travailler ensemble. Marie-Hélène approfondit les recherches sur la récupération de Mozart en Autriche annexée, et elle s’intéresse à la période de l’après-guerre, où la musique a également rempli une importante fonction politique. Cécile travaille à la publication de sa thèse et finalise avec Denis Herlin un collectif sur André Caplet. Elle continue par ailleurs à étudier les écrits et l’engagement des compositeurs en France au XXe siècle, et commence un nouveau projet sur les compositrices à l’Opéra-Comique.