"Les Musiques de Picasso"-Sélection du Prix du Livre France Musique-Claude Samuel 2021

Sélectionné pour le Prix du Livre France Musique-Claude Samuel 2021, "Les Musiques de Picasso", catalogue de l'exposition, sous la direction de Cécile Godefroy est publié chez Gallimard-Musée de la Musique-Philharmonie de Paris.

"Les Musiques de Picasso"-Sélection du Prix du Livre France Musique-Claude Samuel 2021
"Les Musiques de Picasso", catalogue de l'exposition, sous la direction de Cécile Godefroy (Gallimard-Musée de la Musique-Philharmonie de Paris), dans La Sélection 2021 du Prix du Livre France Musique-Claude Samuel
La Sélection 2021 du Prix du Livre France-Musique Claude Samuel
La Sélection 2021 du Prix du Livre France-Musique Claude Samuel

Le livre

« Au fond quand on parle d’art abstrait, on dit toujours que c’est de la musique. Quand on veut en dire du bien on parle musique. Tout devient musique […]. Je crois que c’est pour ça que je n’aime pas la musique. » Pablo Picasso
Contrairement à cette déclaration volontiers provocatrice, l’observation de l’œuvre de Picasso dévoile un intérêt considérable pour l’imaginaire musical : des premières scènes de vie gitane aux joueurs de flûte des années 1970, en passant par les saltimbanques musiciens, les Guitares cubistes, les collaborations avec les Ballets Russes, les poèmes sonores de l’artiste ou les bacchanales qui colorent après-guerre un nombre infini de toiles, d’œuvres graphiques, de céramiques et de sculptures, toute son œuvre est traversée par la musique.
Cet ouvrage s’attache à explorer cette dimension, en soulignant notamment l’attachement de l’artiste pour les instruments, son intérêt pour la musique populaire et ses diverses manifestations, les ambiances sonores de spectacles auxquels il aimait assister (cirque, fanfare, corrida), le chant de la poésie, ainsi que la dimension rituelle de la musique.

L'auteure

Cécile Godefroy est historienne et critique d’art, docteure de l’université Paris IV-Sorbonne, et j’enseigne l’histoire de l’art contemporain auprès d’universités françaises et américaines. L’un de mes champs d’études porte sur les avant-gardes historiques et la relation entre arts appliqués et abstraction ; j’ai publié une monographie sur Sonia Delaunay (Flammarion, 2014) et dirigé avec Anne Montfort le catalogue de l’exposition « Sonia Delaunay, Les couleurs de l’abstraction » dont nous fûmes commissaires à Paris, au MAMVP, et à Londres à la Tate modern en 2014-15. Je continue de réfléchir aux notions de décoratif et de genre dans l’histoire des arts des XXe et XXIe siècles et parallèlement, j’étudie depuis quelques années l’œuvre de Picasso dans le contexte d’ouverture et de collaboration favorisées par Laurent Le Bon, président du Musée national Picasso-Paris. Codirectrice avec Vérane Tasseau de l’ouvrage Picasso dans l’atelier (Cahiers d’art, 2015), j’ai été co-commissaire de « Picasso. Sculptures » (Musée national Picasso-Paris et BOZAR, Bruxelles, 2016-17), commissaire de l’exposition « Les Musiques de Picasso » à la Philharmonie en 2020 et je prépare l’exposition « Picasso íbero » qui ouvrira au Centro Botín, à Santander, au printemps 2021. 

  • Quelle est la place de cet ouvrage dans votre carrière ?

L’un des enjeux de l’ouvrage Les Musiques de Picasso, comme de l’exposition, était d’apporter un éclairage sur ce qui fut longtemps perçu comme un non-sujet, à savoir l’importance de l’imaginaire musical dans l’œuvre de Picasso. Il s’agissait de s’emparer d’un sujet de recherche tout à la fois inédit et passionnant et il m’a tout de suite semblé essentiel d’inviter des auteurs venus d’horizons différents pour donner à l’ouvrage une dimension pluridisciplinaire et décloisonner les regards. Plus de 25 auteurs ont nourri le sujet de leurs pensées singulières suivant un fil chronologique et thématique : des historiens de l’art, spécialistes de Picasso à l’instar d’Emilia Philippot, Marie-Laure Bernadac ou Peter Read, mais aussi des musicologues tels Élise Petit, Valérie Dufour ou Nicolas Southon, le philosophe Bastien Gallet, le chef d’orchestre Clément Mao-Takacs ou encore le luthier Gilles Chancereul. Le lecteur est ainsi invité à plonger au cœur de l’œuvre et de la vie de Picasso où s’entremêlent les arts de la peinture, de la danse, de la musique et de la poésie sur fond de culture populaire. Le graphisme, réalisé par Samuel Aquevin, cadence avec élégance la trentaine d’essais et les quelques 300 images de l’ouvrage. Coédité par la Philharmonie et Gallimard, le livre est le fruit de quatre années de recherches et d’une véritable aventure collective. 

  • Quels sont vos prochains projets ?

Comme beaucoup de projets, l’exposition « Les Musiques de Picasso » a complètement été bousculée par la crise sanitaire : programmée au printemps 2020, reportée en septembre, l’exposition s'est refermée à peine cinq semaines après son ouverture. Heureusement, le catalogue continue d’exister et la Philharmonie a pu produire une visite en ligne qui offre à l’internaute de se promener librement dans les espaces d’exposition et de disposer de tous les contenus : œuvres, enregistrements audiovisuels et sonores, documents d’archives et textes de salle. Dans la continuité des réflexions engagées pour l’exposition, je travaille à la préparation d’un ouvrage théorique qui interroge la dimension sociale et culturelle de la relation entre musique et arts visuels chez Picasso et ses contemporains au XXe siècle.