Les jeunes d'Insulab à la baguette de la Seine Musicale

Avant même son inauguration officielle prévue fin avril, la Seine Musicale accueillera le 18 mars prochain une soirée 100% jeunes. Aux manettes, le collectif "Insulab" : une cinquantaine de 17-26 ans qui ont presque carte blanche. Rencontre.

Les jeunes d'Insulab à la baguette de la Seine Musicale
La Seine Musicale sur l'Île Seguin, Boulogne-Billancourt, © Radio France / Bénédicte Robin

"Tout va bien, c'est dans 15 jours !" Derrière ses petites lunettes rondes, les yeux de Blandine Berthelot sont moitié excités, moitié anxieux. La co-responsable du projet Insulab attend l'arrivée des "jeunes". Nous sommes début mars, c'est la deuxième rencontre entre organisateurs et membres du collectif. Jusqu'à présent, tout s'est fait presque entièrement via les réseaux sociaux. Désormais, il faut incarner ce projet. Car oui, dans 15 jours, la Seine Musicale accueillera les jeunes d'Insulab, le temps d'une soirée, pour une trentaine de mini-concerts, performances et autres représentations artistiques en tous genres répartis dans les quelque 35 000 m2 du flambant neuf bâtiment de l'Île Seguin.

Tous les recoins du bâtiment seront transformés en scènes
Tous les recoins du bâtiment seront transformés en scènes, © Radio France / Bénédicte Robin

Mais avant de donner les clefs, il faut savoir où l'on met les pieds. Cette deuxième soirée de rencontre est donc l'occasion de faire le tour du propriétaire et de découvrir, en avant-première, les secrets de la maison. Une maison déjà habitée : l'Insula Orchestra, l'orchestre en résidence dont l'insulab est l'émanation, a posé ses valises. Laurence Equilbey, la fondatrice et chef-d'orchestre est justement en répétition ce soir. Il faudra donc respecter le silence quand on arrivera dans la salle, prévient Thomas Meugnot et puis faire attention où l'on met ses pieds ! Les travaux ne sont pas encore tout à fait terminés : quelques câbles traînent par-ci par-là, des bâches en plastique protègent encore les fenêtres, la lumière refuse de s'allumer dans certaines salles, beaucoup de poussière recouvre les sols et toutes les poignées ne sont pas installées, alors surtout, on reste groupé.

"C'est un lieu magique"

La vingtaine de jeunes emboîte donc le pas de leurs deux guides à travers les salles de répétition, le grand salon modulable, la salle dénommée "le club" au premier étage, la "rue intérieure", la grande salle de 6 000 places (pour les musiques actuelles) et l'auditorium de 1 100 places juché au milieu du "nid" : cette grande boule en bois et verre située à l'extrémité du bâtiment. Le 18 mars, ils auront accès à tout, excepté la grande salle. "C'est un lieu magique" commente Anna, 17 ans. C'est surtout la taille du bâtiment et des salles qui a impressionné la jeune fille. Elle a connu le projet grâce au professeur de musique de son lycée d'Asnières, dans les Hauts-de-Seine. "Cela concurrence largement toutes les salles de Paris, c'est un vrai pôle qui mélange toutes les musiques" enchaîne son camarade Théo, 17 ans également, et qui se présente comme producteur de musique électronique. Ces jeunes gens sont pour la plupart musiciens. Pour certains d'entre eux, ils avaient déjà plus ou moins participé à des projets culturels organisés par Insula Orchestra ou le chœur Accentus de Laurence Equilbey auparavant et se disent que le 18 mars sera une occasion exceptionnelle de se produire.

Invitation Insulab ©Insulab
Invitation Insulab ©Insulab, © Insulab

Un "entre-soi" de jeunes

Que ce soit du rock, de la pop, de l'electro, du classique... tous les genres sont les bienvenus insistent Thomas Meugnot et Blandine Berthelot. La seule condition pour participer ou assister à l'événement, c'est d'avoir entre 17 et 26 ans. "Cela a fait bizarre à certains au début de se dire qu'ils ne pourraient pas inviter leurs parents" sourit l'organisatrice mais les cousins, les frères, les sœurs et les amis sont les bienvenus poursuit-t-elle. Le principe est de se développer "par bouche-à-oreille numérique" poursuit Blandine Berthelot. Chaque membre peut inviter des amis à rejoindre le collectif via facebook notamment. Aujourd'hui, les deux responsables revendiquent une cinquantaine de membres et espèrent que cela continue de croître et embellir.

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"Si on arrive à partager notre passion avec ces jeunes, cela peu être fondateur" Laurence Equilbey

"Moi je veux une meute de jeunes ! Pourquoi pas 200 !" Laurence Equilbey, la chef d'orchestre, s'enthousiasme pour ce projet. Car il ne s'arrête pas à la scène ouverte du 18 mars. Ces jeunes musiciens ou simples spectateurs qui rejoindront le collectif seront invités tout au long de l'année à participer à la vie de la Seine Musicale. Il leur sera proposé d'assister à des avant-premières, de rencontrer les artistes, à certains mêmes de se produire pour quelques minutes avant certaines représentations. Trois ou quatre concerts seront aussi labellisés "insulab". Une sorte de choix des jeunes pour les jeunes. "Le problème de la musique classique, c'est que c'est quand même devenu un grand entre-soi. L'idée de l'Insulab c'est de recréer peut-être un autre entre-soi mais entre jeunes" conclut Thomas Meugnot.

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"Insulab c'est redonner le pouvoir aux jeunes" Thomas Meugnot

En attendant, il faut finaliser la soirée du 18 mars. Chacun doit préparer sa représentation, envoyer sa fiche technique et ses idées. Les responsables de l'Insulab se chargeront de les répartir et de préparer leur installation. Les portes seront ouvertes au public à partir de 18h30 et jusqu'à 23h30. Si vous avez entre 17 et 26 ans, vous l'aurez compris, vous êtes les bienvenus, dans la limite des places disponibles. Plus d'informations sur la page facebook d'Insulab.

  • Infos pratiques :

1 Cours de l'Île Seguin, Boulogne-Billancourt
Métro : Pont de Sèvres, ligne 9
Tramway : Brimborion, T2
Contacts : insulab@insulaorchestra.fr