Lea Desandre, mezzo-soprano, Révélation des Victoires de la Musique Classique 2017

Mezzo-soprano, Lea Desandre est nommée pour les Victoires de la musique classique 2017 dans la catégorie “Révélations artistes lyriques”. Nous lui avons posé cinq questions.

Lea Desandre, mezzo-soprano, Révélation des Victoires de la Musique Classique 2017
Lea Desandre nommée aux Révélations des Victoires de la Musique Classique, © Radio France / A.deLaleu

France Musique : Pouvez-vous vous présenter ?

Lea Desandre : J’ai 23 ans et je suis née à Paris. Je suis franco-italienne. Après une année au conservatoire de Boulogne, j’ai vécu deux ans en Italie, à Venise, pour y suivre les cours de Sara Mingardo. Puis, je suis rentrée en France pour faire le Jardin des Voix (programme pour jeunes chanteurs des Arts Florissants).

Quand et comment avez-vous décidé d’être chanteuse ?

Au début, je voulais faire de la danse. J’ai fait treize ans de danse classique mais, petite j’ai eu un accident qui m’a posée certaines limites par la suite. Au collège, il y avait une chorale que j’ai rejoint car j'aimais beaucoup ma professeure de musique. C’est elle qui m’a conseillé de m’inscrire dans le chœur d’enfants de l’Opéra de Paris où je suis restée un petit bout de temps... C’est là qu’il a fallu décider entre le chant et la danse, parce qu’il y a une limite d’âge pour le concours d’entrée aux petits rats de l’Opéra (ndlr : l’école de danse de l’Opéra de Paris). J’ai choisi le chant en me disant qu'un jour, peut-être, je pourrais chanter et danser en même temps. La danse me manque mais si je n’en fais plus aujourd'hui c’est que chant et danse ont deux techniques de respiration très différentes donc je ne peux pas faire les deux à haut niveau. Avec la danse, il faut penser à un fil, à se tenir haute, alors que le chant est très dans le corps, dans le bas.

Quel serait votre rêve le plus fou ?

Prendre un sac à dos, partir avec les gens que j’aime, et faire le tour du monde ! Sans avoir de date de retour... Je me suis toujours dit que je le ferai un jour, mais je ne sais pas quand. Pour l’instant, avec mon métier, c’est compliqué.

A quoi pensez-vous quand vous chantez ?

A ce que je chante ! Là, par exemple, dans mon programme, la pièce du milieu intitulée Ombra mai fu, fait l’éloge d’un arbre qui est le plus beau, le plus gracieux de tous les arbres. Je m’imagine dans la nature avec des petits oiseaux et un grand platane, en face de moi. Et dans le platane, il y a tous les visages des gens que j’aime et je chante pour cet arbre. Quand il y a des choses très difficiles, je pense à ma technique, mais c’est mauvais signe. Il vaut mieux faire tout le travail technique en amont pour être complètement libéré pendant les concerts. Et souvent, quand on est vraiment dans la musique, les problèmes se règlent tout seuls.

Quel est votre plus beau souvenir musical ?

J’aime les moments de musique de chambre. Avec orchestre, c’est formidable, évidemment, mais j’apprécie aussi les moments intimes, où l’on doit vraiment écouter, être l’un avec l’autre. Mais tout est beau si on prend du plaisir dans ce que l'on fait. Quand il y a des personnes particulières dans la salle, qui sont importantes pour nous, on a envie que ce soit encore mieux. Mais ce n’est pas forcément le cas !

Propos recueillis par Nathalie Moller

Vidéos

Concert des Révélations - Victoires de la Musique Classique 2017Enregistré mardi 3 janvier au studio 105 de la Maison de la Radio

Reynaldo Hahn : « À Chloris »

Georg Friederich Haendel : Serse, « Ombra mai fu »

Gioacchino Rossini : Le Barbier de Séville, « Una voce poco fa »

Découvrez les autres candidats nommés aux Révélations