Le festival parisien Classique au vert célèbre sa 20ème édition

Depuis 20 ans, Classique au vert investit le Parc Floral de Paris, situé dans le bois de Vincennes, et propose des concerts gratuits dans un cadre détendu et… fleuri.

Le festival parisien Classique au vert célèbre sa 20ème édition
Comme son nom l'indique, Classique au vert se déroule au milieu de la nature, © Radio France / Aliette de Laleu

A peine arrivé dans le Parc Floral de Paris, les notes du concerto pour clarinette de Mozart résonnent, comme sorties de nulle part. Au loin, le chapiteau blanc se dresse pour accueillir, selon les week-ends, solistes ou orchestre. Ce samedi 26 août, c’est l’orchestre de chambre de Paris qui joue, un habitué du festival Classique au vert. « Se retrouver ici sonne un peu comme la rentrée de l’orchestre », plaisante Benoît Grenet, violoncelle solo.

Pourtant, dans le parc, il flotte encore comme un air de vacances : cris d’enfants, oies qui se baladent, et groupes d’amis installés dans l’herbe. Beaucoup de bruits qui pourraient être une contrainte pour les musiciens, mais « une fois passées toutes ces choses, c’est une chouette expérience », souligne Benoît Grenet. D’autant que les musiciens ne jouent pas seulement pour le public installé sous le chapiteau mais aussi pour les gens qui se promènent dans le parc. Grâce à un système de sonorisation tout droit sorti de l’Ircam (Institut de recherche et coordination acoustique/musique), le son du concert couvre une bonne partie du Parc floral.

Constantin Trinks dirige l'Orchestre de Chambre de Paris
Constantin Trinks dirige l'Orchestre de Chambre de Paris , © Radio France / Aliette de Laleu

Cet après-midi là, l’orchestre répète des œuvres de trois compositeurs : « Nous proposons une création de Philippe Manoury, des pièces de Johann Strauss et un grand tube, le Concerto pour clarinette de Mozart car cela fait toujours plaisir ! », s’enthousiasme Marianne Gaussiat, directrice artistique du festival. Soutenu par la Mairie de Paris, Classique au vert délègue toute la production à l’agence artistique Sequenza. « Je m’amuse à repousser l’imaginaire de la musique classique, balayer les siècles, les formes, proposer quelque chose de large pour qu’un maximum de goûts puissent être rencontrés », explique Marianne Gaussiat.

La programmation, très variée, peut être appréhendée en amont du concert avec l’aide d’un jeune musicologue, Thomas Tacquet. L’atelier Si on découvrait offre aux spectateurs, aux passants dans le parc, aux enfants et aux adultes, quelques clés d’écoute. « Je propose une alternance entre l’écoute et la théorie, en particulier l’histoire de l’oeuvre, le contexte… », raconte le musicologue. Des jeunes musiciens de l’Orchestre des jeunes d’Ile-de-France l’accompagnent pour illustrer en musique ses propos et jouer des œuvres en lien avec la programmation. « Aujourd’hui, Victoire-Théodora Pruvost et Marc-Antoine Novel ont joué une sonate pour violon et piano de Mozart. Ensuite, on a abordé des éléments qui aident à comprendre l’écoute », explique Thomas Tacquet.

Après le concert, des rencontres avec les artistes sont organisées pour parler musique, programmation, orchestre...
Après le concert, des rencontres avec les artistes sont organisées pour parler musique, programmation, orchestre..., © Radio France / Aliette de Laleu

Du 5 août au 17 septembre (durée du festival), d’autres ateliers sont mis en place pour approcher la musique classique différemment, comme l’atelier vocal, tous les dimanches. Tous ceux qui veulent donner de la voix, même sans formation musicale, sont invités à participer à ces séances de chant choral dirigées par la chef de chœur Marianna Seleskovitch. Les amateurs sont aussi mis en valeur tous les samedis et dimanches matin avec une scène qui leur est réservée, « quelque chose que je voulais valoriser », ajoute Marianne Gaussiat.

Ce samedi, la place est aux professionnels avec l’Orchestre de chambre de Paris et le public est très nombreux, comme tous les week-ends. On s’installe, sous le chapiteau ou dans l’herbe, on vient, on part, on reste pour une oeuvre ou pour tout le concert. Classique au vert permet une liberté totale par rapport à la musique et le public le lui rend bien puisque les applaudissements ne s’arrêtent pas aux 1800 personnes assises devant la scène mais résonnent depuis les pelouses du parc.