Le chef d’orchestre français Georges Prêtre est décédé à 92 ans

Il a dirigé les plus grands orchestres du monde... Le chef français Georges Prêtre est décédé mercredi 4 janvier 2017 à l’âge de 92 ans.

Le chef d’orchestre français Georges Prêtre est décédé à 92 ans
Georges Prêtre en janvier 2010 , © AFP

Du haut de ses 90 ans passés, Georges Prêtre continuait encore à diriger avec fougue des orchestres sur les plus grandes scènes comme il y a un an à la Scala de Milan. Le chef d’orchestre français s’est éteint mercredi 4 janvier 2017 à Navès, dans le sud-ouest de la France, où il vivait dans un château. Il avait 92 ans. La nouvelle a été annoncée par la Société philharmonique de Vienne, lui qui se disait souvent « être viennois »...

Né à Waziers, dans le nord de la France, Georges Prêtre s’est plongé très tôt dans la musique. Il suit des cours au conservatoire de Douai dès ses 6 ans. Solfège, piano puis trompette, il rejoint le conservatoire de Paris à 15 ans. Ce n’est que plus tard, après une représentation à l’opéra, que le métier de chef d’orchestre s’impose à lui.

À jamais associé à Maria Callas qui le considérait comme son chef d’orchestre préféré, Georges Prêtre mène une immense carrière dans la direction d’opéra qu’il considérait comme « la meilleure école pour un chef » (dans un entretien donné au journal La Croix), avant de diriger de grands orchestres. Il fut l’un des premiers chefs étrangers à diriger le célèbre concert du Nouvel An avec l’orchestre philharmonique de Vienne en 2008 et en 2010, choisi par les musiciens, ce qui est une immense marque de respect.

Ses débuts en France à l’Opéra de Marseille puis à Lille et au Capitole de Toulouse le pousse à rejoindre la capitale où, en 1956, il entre à l’Opéra-Comique puis à l’Opéra de Paris. Mais c’est à l’étranger que ce grand chef va se construire une prestigieuse carrière. De Chicago à New York en passant par la Scala, Londres ou le Japon, Georges Prêtre est l’un de ces artistes français davantage reconnus à l’étranger que dans son propre pays.

Le chef avait ses admirateurs comme Maria Callas ou le compositeur Francis Poulenc, mais aussi quelques détracteurs comme Herbert Von Karajan avec qui il s’est fâché, même s’il reconnaît être à l’origine du conflit : « Un grand musicien, un homme d'affaires. Je me suis fâché avec lui, c'est de ma faute parce que je n'ai jamais été diplomate », confiait-il à l’AFP.

Encore en activité presque jusqu’à la fin de sa vie, Georges Prêtre avait un regard dur sur la musique d’aujourd’hui. Toujours à l’AFP, il affirmait qu’il n’y avait plus beaucoup de « vrais musiciens » et qu’il manquait souvent « de la poésie dans la musique ».« Il faut avoir une vision de la partition, en pensant que vous n’êtes qu’un interprète. Vous devez servir l’oeuvre, pas vous servir », témoignait le chef d’orchestre en décembre 2015.

Le nom de Georges Prêtre est aussi associé à la figure du compositeur Francis Poulenc qui lui vouait une grande admiration. Ils ont créé ensemble La Voix humaine à l'Opéra-Comique avec la chanteuse Denise Duval, un des chefs d’oeuvre de Poulenc et une collaboration inoubliable.

Pour lui rendre hommage, France Musique lui consacre une journée spéciale jeudi 5 janvier 2017, avec la Matinale, En Pistes, Arabesques, Carrefour de Lodéon et le Classic Club de Lionel Esparza.

Les hommages pleuvent sur les réseaux sociaux