"La Pratique d’orchestre historique"-Sélection du Prix du Livre France Musique-Claude Samuel 2021

Sélectionné pour le Prix du Livre France Musique-Claude Samuel 2021, "La Pratique d’orchestre historique - baroque, classique et romantique" de Kai Köpp est publié chez Symétrie

"La Pratique d’orchestre historique"-Sélection du Prix du Livre France Musique-Claude Samuel 2021
"La Pratique d’orchestre historique - baroque, classique et romantique" de Kai Köpp (Symétrie), dans La Sélection 2021 du Prix du Livre France Musique-Claude Samuel
La Sélection 2021 du Prix du Livre France-Musique Claude Samuel
La Sélection 2021 du Prix du Livre France-Musique Claude Samuel

Le livre

Ce manuel propose un panorama général de l’art du jeu en ensemble aux périodes baroque, classique et romantique. Les sujets relatifs aux effectifs, à la constitution des ensembles et à leur direction sont abordés, mais c’est surtout la question de la pratique des musiciens qui est ici centrale : comment un musicien d’orchestre, entre le XVII et le XIXe siècle, comprend-il les indications portées sur sa partie, et comment les exécute-t-il  ?
De ce point de vue, ce livre peut se lire comme un cours fondamental sur la pratique d’exécution historique. Quinze études de cas, sur des partitions issues des trois périodes, permettent en outre d’appréhender les informations théoriques données à la lumière du répertoire de l’époque.
Ce manuel pratique s’adresse à tous ceux qui sont concernés par l’inter­prétation d’œuvres orchestrales : étudiants, musiciens professionnels, chefs d’orchestre, mais aussi musicologues ou éditeurs, ainsi qu’aux profanes qui s’intéressent à ces sujets.

L'auteur

Kai Köpp, professeur de musicologie et de pratique de l’interprétation à la Haute école des arts de Berne BUA, a étudié la musicologie, l’histoire de l’art et le droit (MA 1996, doctorat 2003) à Fribourg/Breisgau. Il est titulaire d’un diplôme d’habilitation de l’université Mozarteum de Salzbourg. Avec un diplôme supplémentaire d’alto de la Hochschule für Musik Freiburg et trois ans à la Schola Cantorum Basiliensis (alto, viole d’amour), il a été membre des principaux ensembles d’époque allemands avec plus de 40 enregistrements.
Après avoir travaillé à Zurich et à Trossingen, il enseigne depuis 2008 à la HKB, où il a créé le domaine de recherche « Recherche appliquée en interprétation », et dirige un nombre croissant de projets de recherche (dont 2011-2016 en tant que professeur de la Fondation nationale suisse pour la science), de nombreuses publications sur l’histoire de la musique et de l’interprétation, les méthodes d’étude du son et de la performance, ainsi que sur Bach, Beethoven, Wagner.
Il est un coach d’interprétation recherché par les ensembles et les directeurs musicaux, son objectif est de mettre en pratique les recherches récentes dans la pratique musicale.
Il a récemment publié un livre sur les cordes historiques en boyau de mouton, avec son équipe de recherche, ainsi que le recueil Musik Aufführen avec Thomas Seedorf (au nom de la Société de recherche en musicologie allemande).

  • Quelle est la place de cet ouvrage dans votre carrière ?

Ce livre est le résultat de plus d'une décennie de recherches sur les différents styles de musique que j'ai joués dans des ensembles sur instruments d'époque. Il constitue un pont entre mes recherches musicologiques et mon travail d'interprète et de coach d'interprétation. Il a été publié en allemand en 2009 lors d'une bourse de recherche post-doctorale à la Haute école des arts de Zurich. Depuis lors, il a été le point de départ de nombreux projets, tant en pratique qu'en recherche, parmi lesquels une coopération de mon université avec le programme de master musicologique « Musique : recherche et pratiques d’ensemble » à la Cité musicale de Saintes/Université de Poitiers. 

  • Qu’avez-vous cherché à montrer avec cet ouvrage

Le livre traite d'une découverte surprenante que j'ai faite en demandant comment les musiciens contemporains comprendraient le texte musical qui leur est présenté et comment ils le mettraient en son. J'ai découvert que l'éducation des musiciens historiques différait de manière significative de la formation actuelle. Leur éducation était construite autour d'un ensemble très différencié de situations musicales standard et de leur articulation caractéristique que l'on appelait « orthographe » musicale et qui visait à une belle exécution au-delà de la représentation correcte de la notation. Par conséquent, les premiers compositeurs se sont appuyés sur cette formation à tel point qu'ils n'ont spécifié que des effets spéciaux dans leur notation, mais ont laissé la plupart de leurs partitions sans marquage. Cette observation change la façon dont nous comprenons les partitions d'orchestre du passé et s'applique également au jeu en solo. 

  • Quels sont vos prochains projets ?

Depuis la première publication du livre, j'ai étendu l'idée d'examiner la notation musicale du point de vue d'un interprète historique au répertoire du romantisme tardif et au début du répertoire moderne. Ici, une étonnante richesse d'informations peut être rassemblée à partir de sources innovantes comme les rouleaux de piano et les documents sonores anciens qui capturent souvent la performance de musiciens nés et formés dans la première moitié du XIXe siècle. Dans mon projet de recherche actuel de quatre ans financé par le Fonds national suisse de la recherche scientifique, des documents sonores et même cinématographiques anciens sont analysés grâce à une nouvelle méthode de répétition des décisions de l'interprète historique afin de les comprendre de l'intérieur, ce que j'appelle « embodiment » et « reconstitution historique ». Les résultats seront publiés dans un livre qui se veut un suivi de l'ouvrage actuel et qui étend la perspective jusqu'au début du XXe siècle.