« La musique comme paradis » de Jacques Drillon - Sélection Prix France Musique des Muses 2019

Sélectionné pour le Prix France Musique des Muses, « La musique comme paradis » de Jacques Drillon est publié chez Buchet-Chastel. Présentation du livre et entretien.

« La musique comme paradis » de Jacques Drillon - Sélection Prix France Musique des Muses 2019
" La musique comme paradis " de Jacques Drillon (éd. Buchet Chastel), © Tom Jakubowicz/Maud Noury - Radio France

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Quelques mots sur Jacques Drillon

Jacques Drillon est né à Paris en 1954. Il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages, parmi lesquels le célèbre Traité de la ponctuation française (Gallimard).

La musique comme paradis

Il ne vient à l’idée de personne d’établir une différence entre la musique qu’on écoute et celle qu’on joue. Il est pourtant frappant de constater qu’elle est seule parmi tous les arts à permettre ces deux pratiques bien différentes. Seule aussi à échapper au réel : elle n’exprime rien, n’est pas un langage, et avec elle deux fois deux ne font pas quatre. Le musicien, lui, est seul à pénétrer dans cet autre monde où les lois universelles n’ont pas cours.

  • Quelle est la place de cet ouvrage dans votre carrière ?

Parmi les vingt-cinq ouvrages que j’ai publiés, et qui sont des essais, des biographies, des portraits, des études esthétiques, et quelques autres sans genre défini (grammaire, souvenirs…), six concernent directement la musique. Celui-ci a été écrit à un moment où je quittais mes fonctions de critique musical, et où, après des dizaines d’années de pratique instrumentale, j’ai eu l’impression d’avoir compris deux ou trois choses de cet art si particulier ; non seulement d’avoir compris, de m’être douloureusement dégagé de certaines idées reçues,  mais aussi, et peut-être surtout,  d’être enfin capable de les synthétiser en un texte court et clair. Mon livre était fini, il était temps de l’écrire. 

  • Qu’avez-vous cherché à montrer dans cet ouvrage ?

Comme tout ce qui est sous nos yeux quotidiennement, la musique n’est plus regardée. On ne voit plus sa singularité. Et pourtant, elle est, entre tous les arts, la seule à pouvoir être « reçue » (écoutée) et « pratiquée » (l’interprète crée lui-même, chez lui, pour lui, une œuvre déjà créée par le compositeur), la seule qui ne contienne aucun autre message qu’elle-même, elle est le seul élément du monde à n’être pas divisé en « apparence » et « réalité », la seule activité qui mobilise en même temps la totalité des facultés intellectuelles, physiques et affectives. Elle est absolument dégagée des lois du monde réel, comme si elle était un « autre réel » à elle toute seule,  une « plénitude sans contenu » (Cioran).  Elle est un paradis, auquel trop peu d’êtres humains, de moins en moins d’êtres humains, ont accès. Hélas.

  • Quels sont vos projets ?

J’écris actuellement la suite d’un « essai autobiographique » dont la première partie a paru simultanément, Cadence, et qu’on peut voir comme une suite chaotique d’échecs et de succès, de surprises et de déceptions,  d’événements énormes ou minuscules, comme il s’en produit constamment dans le monde réel, qui n’est pas le paradis musical…

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