L’orchestre symphonique de Boston appelé à diversifier sa programmation

Plusieurs musiciens officiant à Boston et dans les environs ont publié une lettre ouverte. Dans celle-ci, ils appellent de conseil d’administration de l’orchestre à revoir sa programmation, qu’ils ne trouvent pas innovante.

L’orchestre symphonique de Boston appelé à diversifier sa programmation
Andris Nelsons, l'actuel chef de l'orchestre symphonique de Boston, lors d'un concert à Tanglewood en 2015, © AFP / Shaun Tendon / AFP

« La programmation de l’orchestre ne présente aucune diversité et aucune innovation ». Ce reproche émane d’une soixantaine de musiciens de la région de Boston, qui exhortent les dirigeants de l’orchestre symphonique de Boston à se diversifier un peu. Ils précisent que, parmi les 73 pièces programmées au Symphony Hall pour la saison 2017/2018, une seule est l’œuvre d’une femme. « Toutes les autres [pièces] ont été écrites par des hommes blancs », soulignent-ils. Parmi les signataires se trouvent des membres d’institutions prestigieuses du Massachusetts, comme l’université d’Harvard et le Berklee College of Music. Ils demandent qu’au moins cinq travaux réalisés par des femmes ou des personnes de couleur soient ajoutés cette saison et que le taux atteigne 20% la saison prochaine.

« À notre époque, où le racisme est devenu un sujet à portée autant nationale que locale, l’orchestre symphonique de Boston demeure attaché à une musique composée par des hommes blancs », a déploré la violoniste Shaw Pong Liu, dans un courrier au Boston Globe.

Le conseil d’administration défend ses décisions

Le conseil d’administration a répondu aux critiques en affirmant qu’il fallait également considérer la programmation en dehors du Symphony Hall. Il a publié la liste des compositrices interprétées par l’orchestre au Symphony Hall, mais aussi à Tanglewood et d’autres endroits. « Nous avons fait d’importantes avancées dans la représentation des compositrices, à présent nous nous employons à programmer plus de compositeurs de couleur », ont expliqué les dirigeants de l’orchestre.

La Women’s Philharmonic Advocacy, une organisation à but non-lucratif qui s’emploie à donner davantage de visibilité aux compositrices, a travaillé sur le sujet. Selon ses travaux, 14 formations, parmi 21 des « plus grands orchestres » américains n’ont pas programmé la moindre œuvre composée par une femme durant la saison 2016/2017. L’orchestre symphonique de Boston n’en avait joué qu’une seule. Selon une porte-parole de la formation, le directeur de Tanglewood et le directeur général du l’orchestre ont discuté de ce sujet lors d’une rencontre, le 18 décembre. L’échange a été « productif », a-t-elle affirmé, sans donner davantage de détails.