Johann Sebastian Bach, Messe en si mineur BWV 232

La Messe en si mineur occupa Bach de manière intermittente pendant plus de 25 ans. Elle n'est pas destinée à l'office, car beaucoup trop longue. C'est une messe abstraite et purement spirituelle de dimensions gigantesques, pensée comme le couronnement d'une vie dédiée à la musique sacrée.

Pour ceux qui l'ignoraient, Johann Sebastian Bach est plus souvent appelé Jean-Sébastien Bach dans les pays francophones, et cette version francisée de son nom d'origine remonte au XVIIIe siècle!

Jean-Sébastien Bach

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FICHE TECHNIQUE

Titre : Messe en si mineur BWV 232
Compositeur : Johann Sebastian Bach
Date : 1724, 1733, 1748-1749
Durée : 108 minutes
Genre : musique sacrée
Effectif : Cinq solistes (SSCTB) et orchestre

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PRÉSENTATION DE L'ŒUVRE

La Messe en si mineur dans son contexte La Messe en si mineur occupa Bach de manière intermittente pendant plus de 25 ans. Elle n'est pas destinée à l'office, car beaucoup trop longue. C'est une messe abstraite et purement spirituelle de dimensions gigantesques, pensée comme le couronnement d'une vie dédiée à la musique sacrée. Les cinq parties de la Messe en si mineur ont été créées à trois époques distinctes : 1724, 1733, 1748-1749. Chacun de ces ensembles est constitué de plusieurs parties séparées (au total 27)

La messe comme genre musical

La messe dominicale est le rituel catholique romain à partir duquel le chant grégorien puis la polyphonie se sont développés et ont pris leur essor, comme en témoignent les très nombreuses messes du répertoire classique, de Guillaume de Machaut (1300-1377) à nos jours. En règle générale l'office de la messe dominicale revêt les caractères suivants :
• emploi exclusif du latin
• succession de parties fixes
• alternance de parties chantées et récitées : Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Agnus dei.

Le Symbolum Nicenum - Credo L'épreuve facultative concerne le Symbolum Nicenum - Credo, troisième grande partie de la Messe en si mineur.

Le symbole de Nicée
Il s'agit d'une profession de foi commune aux trois grandes confessions chrétiennes, le catholicisme, l'orthodoxie et le protestantisme. Elle fut élaborée lors du concile de Nicée en 325. Elle une des formes usuelles du Credo

Cette troisième partie a été composée en 1748-1749. Elle est elle-même constituée de neuf parties :

Credo (la majeur)
Patrem omnipotentem (ré majeur)
Et in unum Deum (sol majeur)
Et incarnatus est (si mineur)
Crucifixus (mi mineur)
Et resurrexit (ré majeur)
Et in spiritum sanctum (la majeur)
Confiteor (fa dièse mineur)
Et expecto (ré majeur)

symbole de nicée...............................................................................................

CLÉS D'ANALYSE

CredoTonalité : la majeur, métrique : 4/2
Effectif : choeur à 5 voix, violons I et II
Texte :Credo in unum Deum (je crois en un seul Dieu)

Les cinq voix du chœur, introduites par les ténors, s'expriment de façon quasi jubilatoire. L'ensemble vocal est accompagné avec une même vigueur par les deux parties de violon et soutenu par un inlassable continuo montant et descendant.

Patrem omnipotentemTonalité : ré majeur, métrique : 2/2.
Effectif : chœur à quatre voix, trompettes I-III, timbales, hautbois I et II, violons I et II, alto, continuo.
Texte : Patrem omnipotentem, factorem coeli et terrae visibilium omnium et invisibilium. (Père tout-Puissant, créateur du ciel et de la terre, de tout l'univers visible et invisible.)

Cette partie, qui est une reprise de la cantate BWV 171 (Gott, wie dien Name, so ist auch dein Ruhm ) conserve un esprit identique au Credo. L'ensemble de l'orchestre est ici au tout premier plan avec le chœur à quatre voix.

Et incarnatus est• Tonalité : si mineur, rythme : 3/4.
Effectif : chœur à cinq voix, violons I et II, continuo.
Texte :Et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria virgine et homo factus est. (Qui s'est incarné par l'opération du Saint-Esprit dans le sein de la Vierge Marie et s'est fait homme.)

Place au si mineur, tonalité délaissée depuis le numéro 10 du Gloria. L'appareil orchestral est réduit à sa plus simple expression avec uniquement les violons et la basse continue, les différentes voix du chœur d'entremêlent dans la méditation

Crucifixus Tonalité : mi mineur, rythme : 3/2.
Effectif : chœur à quatre voix, flûtes traversières I et II, violons I et II, alto, continuo.
Texte : Crucifixus etiam pro nobis, sub Pontio Pilato passus et sepultus est. (Qui a également été crucifié pour nous, a souffert sous Ponce Pilate et a été mis au tombeau).

Cette chaconne est une reprise du début de la cantate BWV 12 (Weinen, klagen sorgen ). Le temps est suspendu dans le recueillement (les flûtes et les cordes) et la solennité du chœur.

Et resurrexit Tonalité : ré majeur, rythme : 3/4.
Effectif : chœur à cinq voix, flûtes traversières I et II, hautbois I et II, trompettes I-III, timbales, violons I et II, alto, continuo.
Texte :Et resurrexit tertia die, secundum scripturas et ascendit in coelum, sedet ad dexteram Dei Patris, et iterum venturus est cum gloria, judicare vivos et mortuos, cujus regni non erit finis. (Est ressuscité le troisième jour selon les Écritures. Est monté au ciel et est assis à la droite de Dieu le Père, d'où; il viendra dans sa gloire juger les vivants et les morts et dont le règne n'aura pas de fin).

Aprés la mort, la résurrection : le chœur et les instruments (hautbois, trompettes) interviennent en alternance avec de plus long passages orchestraux dans ce moment de joie intense.

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