Hannah Rankin, une vie entre basson et baston

Hannah Rankin, 28 ans, a deux passions : la musique et le sport. À force d'entraînements, elle a réussi à devenir professionnelle dans les deux. Elle partage sa vie entre le basson et la boxe.

Hannah Rankin, une vie entre basson et baston
Hannah Rankin avec son basson, © Droits réservés

Hannah Rankin vit pour ses deux passions : la boxe et la musique. Ne pouvant choisir, elle fait carrière dans les deux, et elle excelle. Elle a déjà sept combats professionnels à son actif. Ces deux disciplines, souvent mises en opposition, se trouvent donc réunies en la personne de cette Écossaise de 28 ans. Interview.

France Musique : quand avez-vous commencé la musique ?

Hannah Rankin : Je joue du basson depuis 12 ans maintenant. J'ai commencé par le piano quand j'étais très jeune et j'ai fait de la flûte. Ma mère jouait du piano pendant que ses enfants chantaient, mon grand-père était professeur de musique. La musique a toujours été une discipline importante dans ma famille.

Pourquoi avez-vous choisi le basson ?

J'ai commencé par la flûte. Un jour, une dame a fait don d'un basson à l'orchestre de mon école. Comme tout le monde jouait de la flûte, je me suis dit "pourquoi ne pas essayer l'essayer ?" Cet instrument s'est révélé parfait pour moi.

À quel âge avez-vous débuté la boxe ?

Vers 10 ans, j'ai commencé par le taekwondo, puis quand je me suis mise à la musique, j'ai laissé tomber les sports de combat. Ma mère ne voulais pas que j'en fasse. Finalement, à la fin de ma licence, je me suis mise à la boxe thaï pour le côté fitness, je trouvais ça plus intéressant qu'aller à la salle de sport. Et cela fait maintenant quatre ans que je fais de la boxe.

Hannah Rankin en mode boxeuse
Hannah Rankin en mode boxeuse, © Droits réservés

Est-il difficile d'être professionnelle dans les domaines du sport et de la musique ?

Non, les deux fonctionnent bien ensemble. Déjà, les musiciens sont assez flexibles concernant les heures de travail, ils n'ont pas d'horaires de bureau. Je cale mes entraînements en fonction de mon planning de musicienne.

Où pratiquez-vous le basson en tant que professionnelle ?

Je suis musicienne indépendante, free-lance. Je suis inscrite dans une agence de placement, quand ils m'appellent, j'accepte l'engagement si je suis libre.

Quelle discipline préférez-vous entre la boxe et la musique ?

La musique a été mon premier amour. La boxe, c'est une carrière assez courte, j'en ferai encore quelques années tant que je suis jeune. Quand je serai plus âgée, j'aurai encore la musique. Mais j'aime beaucoup les deux, elles sont à égalité.

Vous passez tout votre temps en entraînements ?

Ce n'est pas si difficile. Quand je suis frustrée en musique, je me mets au sport, ça me détend. Quand c'est le contraire, je reviens vers le basson. J'aime avoir deux passions qui permettent chacune de se défouler.

Que disent les gens lorsqu'ils apprennent que vous menez ces deux carrières en même temps ?

Tout le monde est très surpris. Mais pour moi, c'est très logique. Les deux font partie du monde du spectacle, l'une sur une scène, l'autre sur un ring. Mes amis musiciens comprennent davantage le fait de s'impliquer dans la boxe, ils ont plus l'habitude de se concentrer quelque chose en particulier pendant des heures. Il y a beaucoup d'éléments communs à la musique et à la boxe, notamment l'entraînement mental. Dans le milieu de la boxe, les gens sont plus étonnés mais trouvent ça très cool.

A votre connaissance, êtes-vous la seule au monde à être professionnelle en boxe et en musique ?

Je pense que c'est probablement le cas.

Sur les rings, vous avez un surnom ?

Oui, classical warrior (la guerrière classique). Il fait le lien entre mes deux occupations : la musique classique et la boxe. Il m'a été donné par quelqu'un du milieu sportif et il me définit très bien.

Est-il difficile d'être une femme dans le monde de la boxe ?

C'est beaucoup de travail. Au Royaume-Uni, les gens commencent tout juste à s'habituer. Dans la musique, on s'achemine vers la parité. J'espère que la même chose va arriver avec la boxe.

Samedi dernier, vous avez combattu à New York pour le titre mondial de la World Boxing Association, catégorie super-moyens...

Oui, contre Alicia Napoleon. Le combat n'a pas été retransmis à la télévision, c'est dommage car que tout le monde a dit que c'était un beau match. Malheureusement, je n'ai pas eu le dessus, Alicia Napoleon conserve son titre mondial, mais je réessaierai. 

Avec tout ce travail, vous réussissez à avoir une vie de famille ?

Nous avons une ferme en Écosse, j'essaie d'y aller souvent. Mon fiancé et mon père viennent à mes combats et mes concerts, ils étaient d'ailleurs à New York. Nous sommes une famille très soudée.