« Exil et musique » par Étienne Barilier - Sélection Prix France Musique des Muses 2019

Sélectionné pour le Prix France Musique des Muses, « Exil et musique » d'Étienne Barilier est publié chez Fayard. Présentation de l’auteur, du livre et entretien.

« Exil et musique » par Étienne Barilier - Sélection Prix France Musique des Muses 2019
" Exil et Musique " d'Etienne Barilier (éd. Fayard), © Tom Jakubowiscz/Maud Noury - Radio France

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Quelques mots sur Étienne Barilier 

Ecrivain suisse d’expression française.  Son oeuvre de romancier et d’essayiste compte une cinquantaine de titres. Outre des essais touchant à des thèmes philosophiques ou des sujets de société, Étienne Barilier est l’auteur de plusieurs livres consacrés à la musique (un ouvrage sur le compositeur Alban Berg, un autre sur les notes B-A-C-H dans l’œuvre de nombreux compositeurs, de Beethoven à Schönberg ou Boulez). Ses romans, eux aussi, sont très souvent en lien avec l’univers musical, en particulier Le chien Tristan, Musique et Piano chinois.

Exil et musique 

Ce livre raconte comment la souffrance de l’exil a pu affecter les œuvres des musiciens. Selon le contexte historique (insurrection polonaise, révolution russe, stalinisme, nazisme...), il évoque les compositeurs qui, dans l’exil, ont gardé toute leur puissance créatrice (Stravinsky, Schönberg) ou ceux qui l’ont peu ou prou perdue (Rachmaninov, Bartók). Il narre aussi le destin des artistes qui ont subi l’exil intérieur avant d’être assassinés (les compositeurs de Terezín), comme de ceux qui ont senti peser sur leur art la contrainte du despotisme stalinien (Chostakovitch, Prokofiev).

Une souffrance intime, l’exil, est devenue au XXe siècle destin collectif ; et de ce destin, la musique des grands compositeurs exilés témoigne d’une manière irremplaçable.

  • Quelle est la place de cet ouvrage dans votre carrière ?

Une place toute naturelle, puisque la musique, pour moi, compte autant, voire davantage que la littérature, et que je ne cesse, par les mots, de chanter et de quêter le mystère des sons musicaux.

Cela dit, et rétrospectivement, je vois ce dernier essai comme une suite et un élargissement de mon livre sur les quatre notes B-A-C-H, dans lesquelles se réfractait l’histoire de la musique européenne. J’ai découvert, en écrivant Exil et musique, que l’œuvre des musiciens exilés réfractait, et transcendait aussi, tout le drame historique de l’Europe moderne.

  • Qu’avez-vous cherché à montrer dans cet ouvrage ?

J’ai d’abord tenté de saisir la douleur de l’exil à l’état pur, si l’on peut dire, dans l’œuvre d’un Schubert. Ensuite, j’ai voulu suggérer comment les compositeurs ont affronté cette douleur lorsque, n’étant plus seulement celle de la condition humaine, elle est devenue celle de la condition nazie ou stalinienne. Leur musique, à elle seule, n’a pas adouci les mœurs cruelles du vingtième siècle, mais elle a témoigné de la dignité irréductible de l’homme, et de son pouvoir de résilience.

  • Quels sont vos prochains projets ?

Dans un roman à venir, la musique occupera la première place. Là encore, cependant, j’espère faire éprouver qu’elle n’est pas hors de la vie, mais au contraire le comble de la vie, et sa vérité !

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