« En quête de Musique » sous la direction Philippe Le Guern - Sélection Prix France Musique des Muses 2018

Sélectionné pour le Prix France Musique des Muses, Philippe Le Guern a dirigé « En quête de Musique. Questions de méthode à l’ère de la numérimorphoses » publié aux éditions Hermann Editeur. Présentation de l'ouvrage et quelques questions à l'auteur.

« En quête de Musique » sous la direction Philippe Le Guern - Sélection Prix France Musique des Muses 2018
" En quête de Musique. Questions de méthode à l’ère de la numérimorphoses " sous la dir Philippe Le Guern , © France Musique

Quelques mots sur Philippe Le Guern

Professeur à l’Université de Nantes, chercheur au Centre Atlantique de Philosophie, et également musicien - jadis signé sur le label Virgin puis sur un label écossais - Philippe Le Guern s’intéresse à la manière dont les innovations accompagnent ou suscitent des transformations dans le secteur de la musique, qu’il s’agisse des modèles économiques, des formes esthétiques, du travail artistique ou des usages par les publics.

En quête de Musique. Questions de méthode à l’ère de la numérimorphoses

L'ouvrage En quête de musique interroge non seulement la transformation des pratiques d’écoute et des manières de faire de la musique – marquées notamment par le téléchargement, le streaming, le MP3 ou la recommandation algorithmique – mais aussi et surtout la validité des méthodes et des paradigmes habituellement employés pour analyser le fait musical. Le passage de la discomorphose à la numérimorphose n’impose t-il pas au chercheur un aggiornamento théorique et pratique ? Telle est l’ambition de cet ouvrage : ouvrir la boîte noire des appareillages conceptuels et méthodologiques à l’ère de la musimorphose.

  • Quelle est la place de cet ouvrage dans votre carrière ?

Philippe Le Guern : Élaboré lors d’une invitation à l’Institut d’Etudes Avancées d’Edinburgh, cet ouvrage faisait suite à une série de publications sur le virage numérique en musique. Son ambition réflexive a constitué pour moi un vrai tournant : en effet, il ne s’agissait plus de discuter des transformations observables dans les pratiques d’écoute ou de création, mais de considérer la façon dont le monde de la recherche abordait le fait musical, en réunissant des compétences aussi variées que la science informatique, la neuropsychologie, la statistique, l’ethnomusicologie, etc.

  • Qu’avez-vous cherché à montrer dans cet ouvrage ?

Dans cet ouvrage, le propos consiste à montrer que le passage du régime analogique au régime numériique a non seulement eu des conséquences sur le fait musical dans ses différentes dimensions (esthétiques, économiques, sociologiques) mais également sur la manière dont nous pensons, conceptualisons et menons des enquêtes sur la musique. Ainsi, les avancées les plus récentes en matière de big data, de neuroscience, etc. peuvent contribuer à une compréhension approfondie ou renouvelée de la musique.

  • Quels sont vos prochains projets ?

Mon prochain projet porte sur un sujet relativement nouveau, inspiré par le courant des Sound Studies et les travaux d’artistes tels que Marcus Meader, Rudy Decelière, Martin Howse : je m’intéresse à la manière dont nous pouvons penser, dans le cadre d’une anthropologie sonore, notre relation aux ontologies non humaines (robots, plantes, animaux), identifiées à partir de leurs traces sonores.

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