Eléonore Pancrazi, révélation des Victoires de la musique classique 2019

La mezzo-soprano Eléonore Pancrazi est nommée dans la catégorie “Artiste lyrique” des Victoires de la musique classique 2019. Rencontre et portrait en cinq questions.

Eléonore Pancrazi, révélation des Victoires de la musique classique 2019
Eléonore Pancrazi, chanteuse et révélation des Victoires de la musique classique 2019, © Radio France / Kamil Bendida

Eléonore Pancrazi a été nommée Révélation pour les Victoires de la musique classique édition 2019 dans la catégorie "Artiste lyrique". La chanteuse est née en 1990 en Corse. Nous l'avons rencontrée lors de ses répétitions à la Seine Musicale, juste avant le Concert des Révélations du vendredi 11 janvier, retransmis sur France Musique les mercredi 23 et jeudi 24 janvier dans Carrefour de Lodéon

France Musique : Qu’est-ce qui vous a donné envie d’être chanteuse ? 

J'ai toujours chanté, je pense que c'était un besoin viscéral. Puis quand j'ai commencé à voir des spectacles, j'ai eu envie de faire pareil. Je me souviens à 16 ans, mes parents avaient créé un petit festival d'art lyrique en Corse, et lors d'une soirée après un concert, les artistes invités (des chanteurs qui sortaient du conservatoire) ont commencé un bœuf musical. Un baryton est venu me chercher pour me proposer de chanter avec lui le duo Zerlina et Don Juan, extrait de Don Giovanni de Mozart. Il est ensuite allé voir mes parents en disant qu'il fallait que je prenne des cours de chant. C'est à ce moment que je me suis dit que j'en étais capable et me suis donnée à fond. 

À quoi pensez-vous quand vous jouez ?

Généralement j'essaye de penser à ce que je raconte, à mon texte et toujours, même si ce n'est pas facile, de sentir la musique, prendre du plaisir car c'est en prenant du plaisir que l'on arrive à en donner au public. J'essaye de rester dans l'action de ce qui se passe. De me détendre. Je suis quelqu'un de très angoissé et si je m'écoute vraiment, je peux être parasitée par une note, une respiration... 

Si vous n’aviez pas été chanteuse, qu'est-ce que vous auriez fait ?

Je voulais être styliste quand j'étais plus jeune, styliste de robes de mariée ou costumière à l'opéra, je voulais créer des pièces qu'on ne met pas tous les jours, des beaux vêtements. Je me serais dirigée par là car c'est un moyen d'être encore dans le spectacle sans être sur scène. Je me suis rendue compte qu'avant d'être chanteuse je faisais beaucoup plus de choses. Comme je voulais être styliste je dessinais beaucoup de portraits, je faisais beaucoup plus de musique pop avec ma sœur, une super guitariste rock, j'avais un groupe... Depuis que j'ai commencé le chant lyrique de manière professionnelle, je me suis beaucoup focalisée là-dessus et depuis 6 ou 7 ans je n'arrive plus à faire deux choses en même temps, c'est un peu dommage. 

Si vous deviez remercier quelqu’un (ou quelque chose) pour votre carrière musicale, qui est-ce que ce serait ?

Mes parents sans hésitation. Ils sont très lyricomanes à la base, j'écoute de l'opéra parce qu'ils m'ont fait découvrir cet univers. J'ai grandi dans une petite ville en Corse, très belle mais il n'y avait pas d'école de musique, pas de théâtre et mes parents ont toujours fait le maximum pour qu'on sorte de l'île, qu'on participe à des activités, qu'on aille dans des musées, à l'opéra... Et puis ils me soutiennent depuis le début et je sais que ce n'est pas le cas pour tout le monde, je de la chance.

Dans le programme que vous présentez au concert des Révélations, quelle est l’oeuvre qui vous tient le plus à cœur et pourquoi ?

La dernière, Trouble in Tahiti de Bernstein, parce que c'est cet air qui m'a permis d'aller en finale au Concours Voix Nouvelles l'année dernière alors que je ne pensais pas aller aussi loin. Et cet opéra a été une des prises de rôle qui m'a le plus marqué. J'ai fait une tournée au théâtre de l'Athénée l'année dernière avec cette oeuvre rarement jouée et tous les soirs après les spectacle je me disais que c'était pour des moments comme ça que j'avais choisi de faire ce métier. 

Propos recueillis par Aliette de Laleu

Vidéos d'Eléonore Pancrazi

Rossini : le Barbier de Séville "Una voce poco fa"

Bernstein : Trouble in Tahiti "What a Movie !"

Fauré : Au bord de l'eau

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