Disparition de l’ancien ministre Lionel Stoléru, chef d’orchestre et compositeur

Ancien secrétaire d’Etat sous Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand, Lionel Stoléru est décédé jeudi 1er décembre 2016. A côté de la vie politique, il menait une carrière de chef d’orchestre et de compositeur.

Disparition de l’ancien ministre Lionel Stoléru, chef d’orchestre et compositeur
Lionel Stoléru en 2010 dirige l'orchestre qu'il a crée : l'orchestre romantique européen , © AFP / LIONEL BONAVENTURE

L’ancien ministre Lionel Stoléru est décédé jeudi 1er décembre à 79 ans. Plus connu pour son engagement politique, il s’est aussi plongé dans la vie musicale. Dès le début, il mène des études parallèles en économie et en musique, avant de s’engager complètement dans les gouvernements de Valéry Giscard D'Estaing puis de François Mitterrand.

Quand il quitte son poste de secrétaire d’Etat en 1991, il se consacre à sa passion pour la musique en suivant un cursus de direction d’orchestre au conservatoire de Rueil Malmaison. Dans une interview donnée à La lettre du musicien, Lionel Stoleru raconte comment il s’est lancé dans la création de son propre ensemble grâce à Pierre Boulez. Le compositeur et chef d’orchestre, décédé en janvier 2016, lui a dit : « Vous n’y arriverez jamais si vous attendez d’être invité [en cause : son passé politique, ndlr]. Montez votre orchestre et faites votre programmation ».

En 1996, Lionel Stoleru crée l’Orchestre romantique européen (ORE), qui disparaît en juin 2013 faute de subventions. L’ORE mêlait littérature et musique dans des programmations autour de grandes thématiques liées à la période romantique. « En bon économiste, j'aurais pu analyser l'offre et la demande, mais non. J'aime le piano, mon Dieu c'est Chopin, Liszt quand j'arrive à le jouer, donc j'ai constitué un orchestre spécialisé dans le répertoire romantique », témoignait Lionel StolerudansLe Parisien.

Il a aussi composé la Symphonie juive, oeuvre en quatre mouvements qu’il a joué et dirigé avec son orchestre. Pourquoi juive ? Lionel Stoleru raconte dans la plaquette de présentation de cette création à la salle Gaveau ses motivations : « Dans ma vie musicale, j’ai toujours été frappé par le fait que la “Grande Musique” ait été issue de l’Eglise (La Passion selon Saint-Jean, le Stabat Mater, les Requiems, les Messes….) et que jamais rien ne soit venu de la Synagogue, dont les mélodies sont pourtant fort belles ».

Ancien homme politique, chef d’orchestre et compositeur, Lionel Stoleru est décédé jeudi 1er décembre 2016 à l’âge de 79 ans.