Deux institutions lyriques écartent le ténor italien Vittorio Grigòlo de leurs programmations

La Royal Opera House et le Metropolitan Opera à New York viennent de décider de ne plus engager le ténor Vittorio Grigòlo à la suite d'un incident survenu sur scène en septembre dernier à Tokyo.

Deux institutions lyriques écartent le ténor italien Vittorio Grigòlo de leurs programmations
Vittorio Grigolo aux Proms à Londres le 13 septembre 2014, © Getty / Amy T. Zielinski

C'était en septembre dernier. La Royal Opera House était en tournée au Japon quand l'incident est survenu sur la scène de l'opéra de Tokyo lors des rappels. Le Bad Boy de l'Opéra (titre du film documentaire de Bruce Weber pour la version italienne de Vanity Fair) Vittorio Grigolo touche le faux-ventre de femme enceinte d'une des artistes, en écho à une des scène du Faust de Gounod qu'ils venaient de donner. Celle-ci refuse, et le ténor lui aurait dit d'aller "se faire voir" ("f*** off"). "Je ne voulais offenser personne. La situation s'est détériorée à la suite d'une bagarre entre collègues."

Les conclusions de l'enquête

La Royal Opera House a ouvert une enquête, pour finalement conclure ce jeudi 5 décembre que "ce comportement inapproprié et agressif lors de rappels et après est bien en dessous du niveau que nous attendons de nos équipes et de nos interprètes. Nous avons donc décidé qu'il ne reviendra pour chanter dans Lucia Di Lammermoor en 2020. Nous annoncerons la nouvelle distribution dans un futur proche

Le Metropolitan Opera de New York a également décidé, à la suite de l'enquête, qu'il ne chantera plus sur sa scène dans un avenir proche : il ne sera donc pas à l'affiche de La Traviata dans le rôle d'Alfredo cet hiver.

Au moment des faits, sa réaction était l'effarement : "Durant les applaudissements, je suis plein d'adrénaline. Il est effectivement possible que j'ai dit à quelqu'un d'aller se faire voir. Dans la vie, vous ne pouvez pas être condamné pour le fait de dire à quelqu'un d'aller se faire voir. Mais quand les choses se calment, on devrait vous donner la possibilité de vous expliquer. Là, j'ai été mis dans un avion. On m'a renvoyé chez moi comme un tueur."

Une personnalité "volontiers exubérante"

La carrière de Vittorio Grigòlo avait pris son envol lorsqu'en 2010 il avait été applaudi dans le Manon de Jules Massenet sur la scène de Covent Garden. Rupert Christiansen, critique au Telegraph, avait salué sa prestation : "une grande carrière dans l'opéra l'attend s'il parvient à garder la tête sur ses épaules."

Vittorio Grigòlo a réagi à l'annonce de la décision de l'enquête. "Je suis peiné que mon comportement à l'égard de mes collègues, personnes que j'ai toujours respectées, soit perçu comme en dessous des attentes de la Royal Opera House.". Il reconnaît "être volontiers exubérant", surtout lors des rappels, et promet que ça ne se reproduira plus : "cet épisode m'a enseigné une précieuse leçon de vie."