De la musique classique en gare de Rennes pour faire fuir les squatteurs

Un article du quotidien Ouest-France fait état d’un récent dispositif en gare de Rennes : diffuser de la musique classique pour éviter que les lieux soient squattés.

De la musique classique en gare de Rennes pour faire fuir les squatteurs
Diffuser de la musique classique en gare ferait fuir les squatteurs, © Getty / Pascal Le Segretain

Si la musique classique résonne devant et dans les gares françaises, ce n’est pas seulement pour apaiser l’esprit des voyageurs. La gare de Rennes, depuis trois mois, diffuse Mozart, Bach, Vivaldi ou Chopin pour dissuader certaines personnes de rester sur les lieux. Un article de Ouest-France rapporte les propos d’un agent de sécurité : « On diffuse de la musique classique en continu pour dissuader les marginaux d’occuper le parvis ».

Une méthode déjà testée dans différentes gares, notamment au Canada, à Londres, Copenhague, en Suisse ou aux Etats-Unis. Sur le papier, cette méthode est mise en place pour lutter contre les crimes et est basée sur « l’hypothèse que les criminels potentiels trouvent la musique classique si pénible qu’ils quitteront la gare avant d’avoir eu le temps de commettre un crime », relève Atlantico en 2012. Après une expérience en 2003, la police londonienne estime une baisse du vandalisme (37%) et des vols (⅓), toujours selon le média en ligne.

L’expérience est testée en France depuis quelques années. L’une des opérations remonte à 2013. La SNCF organise alors un concours : « Choisissez l’ambiance musicale de votre gare », sur les lignes des Transiliens J et L et le RER A. Les voyageurs sélectionnent des œuvres parmi un catalogue de musique classique et leurs choix sont ensuite diffusés dans plusieurs gares.

Sur le papier, cette initiative souhaite « améliorer l’ambiance en gare et y faire entrer la culture et l’art ». Mais dans les faits, un post publié sur un blog officiel de la SNCF dans la foulée titre : « De la musique classique pour établir l’ordre ». L'article présente le projet comme un moyen d'éviter tout débordement : « Quand les agents constatent qu'un groupe de jeunes vient semer le trouble, ils peuvent diffuser de la musique classique ». Une communication qui n'a pas été assumée par le groupe ferroviaire car le billet a été supprimé le lendemain de sa parution, comme l'indique le média en ligne StreetPress.

Toujours dans cet article, le projet est présenté comme un test, à renouveler si l'expérience est concluante : « Dès que nous aurons pu mesurer les bienfaits de la musique classique dans nos gares sur une période plus ou moins longue, nous généraliserons, ou pas, ce dispositif à l’ensemble des gares ».

Aujourd’hui, on peut entendre les Quatre saisons de Vivaldi en boucle sur le parvis de la gare Saint-Lazare et des internautes soulignent la présence depuis 2013/2014 du grand répertoire en gare du Nord, à Montparnasse, en gare d’Angers, à Nancy ou encore à Valenciennes…

Il semblerait donc que l’initiative convienne à la SNCF, mais elle reste à relativiser. Ce n’est peut-être pas le genre musical qui fait fuir les squatteurs mais la manière dont la musique classique est utilisée. L’article du journal Ouest-France indique que les morceaux diffusés durent environs 3 minutes et tournent en boucle. Une technique qui dissuaderait n’importe qui de rester plusieurs heures sur les lieux...