“Daphnis et Chloé” de Ravel : "Le plus bel éveil de la nature que connaît la musique classique"

Charlotte Landru-Chandès nous livre ses impressions à propos de "Daphnis et Chloé". Un foisonnement de couleurs et de trouvailles sonores qui happe l’auditeur dans une esthétique archaïque. Décryptage en vidéo.

“Daphnis et Chloé” de Ravel : "Le plus bel éveil de la nature que connaît la musique classique"
Charlotte Landru-Chandès analyse "Daphnis et Chloé", le ballet mis en musique par Ravel qui trouve son origine dans un roman d'initiation rempli d'aventure., © Radio France

Daphnis et Chloé est un ballet en un acte de Maurice Ravel, composé de trois parties, qui s’inspire du roman éponyme de Longus (poète grec du II ou IIIe siècle de notre ère). Il narre l’idylle pastorale de deux orphelins abandonnés, qui croisent sur leur route de nombreux obstacles à leur union. Charlotte Landru-Chandès, productrice à France Musique, analyse cette œuvre emblématique du compositeur.

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Un ballet sur commande 

Le ballet est une commande de Serge de Diaghilev, imprésario créateur des Ballets russes, avec dans le rôle-titre de Daphnis le "danseur phare de l’époque" : Vaslav Nijinski. Ravel se brouillera par la suite avec Diaghilev, ce dernier considérant la musique du compositeur français trop "symphonique" et pas assez "chorégraphique"

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Je pense que c’est le plus bel éveil de la nature que connaît la musique classique" - Charlotte Landru-Chandès

Ravel tirera deux suites pour orchestre de l’intégralité de cette symphonie chorégraphique, son œuvre la plus longue, dont l’interprétation dure environ une heure. Composée en 1912, la suite n°2 reprend la dernière partie du ballet, qui est le moment où Daphnis passe du désespoir à la joie en retrouvant sa bien-aimée, Chloé, auparavant enlevée par des pirates. Pour Charlotte Landru-Chandès, "la musique rend si bien compte de cet éveil de la nature et de cette réapparition" qu’elle "parle pour elle-même, à cet instant", dans une progression sonore unique et indescriptible. 

On retrouve toute cette recherche sonore, et aussi cette dimension de mystère"

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Une signature ravélienne 

Les envolées oniriques qui saturent presque tous les effets sonores de la composition amènent l’auditeur dans un ailleurs lointain et antique, "qui relève du rêve et non pas de l’exactitude historique". Ces envolées,à travers une vibrante explosion musicale (comme dans le ‘’Lever du jour’’), font de cette Suite n°2 une œuvre à la richesse harmonique rare. "Chez Ravel, il y a toujours cette dimension onirique. On part tout piano, et puis ça monte, l’orchestre enfle", décrit Charlotte Landru-Chandès. 

L’arrangement parfois "orientalisant" de Maurice Ravel, empreint de mystère, traduit donc une vision personnelle et idéalisée de la Grèce antique, qui caractérise bien le langage musical propre au compositeur. Un langage étoffé de grâce et d’un esthétisme archaïque particulièrement charmeur.